Post-partum blues

Nommé aussi "syndrome du troisième jour", il associe pleurs, anxiétés, céphalées, agressivité, troubles mnésiques... On notera parfois une insomnie. Ce tableau se rencontrera au moment de la montée laiteuse chez la plupart des femmes qui viennent d'accoucher. Il faut évaluer le degré d'insomnie qui pourrait faire redouter l'entrée dans une phase confusionnelle, beaucoup plus rare.

 

Pour la future mère, la grossesse  est l'occasion d'une reviviscence rapide de tous les stades de la libido. Elle se confronte aux stades de développement qu'elle a déjà eu à affronter. Elle se confrontera donc entre autres à la période oedipienne et son complexe de castration. Avoir un enfant est une façon de revivre l'époque où, petite fille, elle espérait avoir un enfant du Père .

 

On a aussi une reviviscence du stade oral (envies, boulimie, vomissements..), avec acceptation d'être à la fois la Bonne Mère gratifiante et la Mauvaise Mère frustrante, menaçante. (Stade oral)

 

La femme aborde aussi le stade anal, avec traits obsessionnels, constipation, idée d'enfant-cadeau... (stade anal)

 

La future mère revit à ce moment le fait qu'elle est aussi enfant de sa Mère. L'état fusionnel, narcissique de la grossesse est brutalement rompu par la naissance. Cette rupture est néanmoins amoindrie par le maternage, et après un régime fusionnel on pourra parler d’un régime anaclitique, d'une relation d'étayage. On peut alors parler d'une naissance psychologique, plus lente que la naissance biologique.

 

WINNICOTT parle de "nécessaire maladie" de la femme qui vient d'accoucher, ou encore de "préoccupation maternelle primaire", état de repli et de dissociation schizoïde. Normalement, cette régression pulsionnelle et libidinale est supportée et contrôlée par le Moi de la Mère. Mais il arrive que la régression fusionnelle, les attitudes hyper protectrices viennent s'imposer dans la relation au bébé de manière exclusive et envahissante. Le Moi de la Mère, trop faible, est alors entraîné dans une évolution vers la psychose ( puerpérale puis véritable).

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