La dépression

Classification des dépressions

 

 Endogènes (ou psychotiques) :

 

    *  Cas des PMD

 

  Exogènes (ou symptomatiques) :

 

    *  Névrose. Symptôme dans une structure névrotique

 

    *   Schizophrène. Symptôme dans une structure schizophrénique

   

    *   Paranoïaque. Symptôme dans une structure paranoïaque

 

Ces symptômes sont réactionnels à des évènements extérieurs, comme la confrontation à la loi pour le sujet paranoïaque ("être humain s'étant construit un système de relations à l'Autre de type paranoïaque") ou la séparation d'avec les parents pour le schizophrène ("être humain s'étant construit un système de relations à l'Autre de type schizophrénique").

 

 

 

Dépression masquée :

 

Dépression qui s'exprime dans le corps sans qu'il y ait de vécu dépressif. Quand on traite le côté dépressif, le côté somatique se rétablit.

 

 

 

Dépressions névrotiques

 

 Caractérisées par un sentiment de perte ("Avant, j'étais pas comme ça..."), avec angoisse dépressive où le sujet revit un abandon. On observe chez ces déprimés un centrage narcissique, une honte. Le symptôme dépressif vient combler le vide et le manque. Le fonctionnement du névrosé est très répétitif. A l'occasion de ces dépressions, on peut voir apparaître des symptômes névrotiques, comme les traits hystériques, obsessionnels et phobiques

 

Le sujet déprimé cherche des relations d'Objet narcissiques, des relations en miroir, pour le soutien, qui évitent de rechercher des Objets d'identification. Il aura parfois recours à des défenses maniaques (pour combler le manque intérieur, on essaie de gérer la réalité).

"Comment faire, un fois la relation fusionnelle (avec la Mère) terminée, pour éviter la dépression ?". Un des moyens est de somatiser, un autre de répéter (l'élément dépressif).

 

La notion de dépression tourne autour de la problématique de la perte. FREUD, dans "Métapsychologie", l'inclut dans un processus de deuil. Le dépressif  vit dans la perte d'un Objet très aimé et idéalisé. Mélanie KLEIN, dans la phase dépressive du 8e mois, parle de l'Enfant qui ne pourra plus être le premier Objet d'amour de la Mère. Toutes les expériences dépressives, de rupture dans la vie seront constituées en dépendance de la phase dépressive du 8e mois. Si l'Enfant n'arrive pas à réinvestir dans un deuxième temps sa Mère de façon satisfaisante, on pourra alors parler de structure dépressive, amenant le sujet à s'appuyer sur son entourage.

 

Chronologie du processus de deuil :

 

    * Perte d'un Objet cher.

    * Une fois l'Objet perdu, il y a constitution d'un Objet interne de remplacement (C'est le sens que prend la boulimie quand on se sent déprimé). Il peut y avoir tentative d'identification à l'Objet perdu (adoption de tics...). Cet Objet intériorisé est alors "bon" ou "mauvais". La perte provoque des sentiments ambivalents vis à vis de l'Autre et vis à vis de soi, de son Narcissisme (culpabilité). Si l'ambivalence est trop importante, il pourra y avoir un délire de culpabilité amenant la mélancolie (La mélancolie est toujours délirante). Et alors seule la mort semblera pouvoir effacer la "faute".

    * Le deuil se fera si cet Objet intériorisé est désinvesti au profit d'un autre Objet. On retrouve là encore la culpabilité.

 

Les personnalités à fort Idéal du Moi seront plus dépressives (ces personnes n'arrivent pas à faire le deuil d'une image trop idéalisée du Moi).

 

On peut aussi se poser la question de la place de la dépression dans la psychose: La dépression peut-elle y être créatrice de guérison? Toute expérience de la perte, si elle est vécue, est une expérience de re-élaboration interne et psychique. Ce qui garde le mieux en vie c'est la pensée, l'élaboration mentale. Il y a chez chaque individu la création d'Objets imaginaires. Les Objets imaginaires du dépressif ressemblent aux Objets imaginaires du délirant. Si dans la dépression l'Objet aimé n'existe plus, le sujet peut se rebeller et le remplacer par un Objet Hallucinatoire psychotique (Objet merveilleux). Ce contournement pose la question du pourquoi.

 

 

Passage entre 2 types de représentations d'Objet:

 

    * Objet fusionnel, merveilleux, ne facilitant pas l'identification.

    * Objet plus secondaire, permettant l'identification.

 

 Il y a toujours un mouvement entre ces Objets, et une nostalgie d'un Objet primaire (la Fée/la Bonne Mère). La dépression ne permettrait-elle pas, en progressant de manière constructive vers la régression, de faire le deuil de l'Objet imaginaire? C'est la question qu'on peut se poser. Et l'instant dépressif serait alors créateur de guérison.

 

Quoi qu'il en soit, le moment dépressif est à traiter avec beaucoup d'attention car il remet tout en jeu (attachements primaires à des Objets merveilleux).

L'espace est comme une enveloppe du Moi. Plus la réalité extérieure est menaçante, plus les ressources du Moi sont restreintes et plus l'enveloppe se rétrécit, pour ne devenir que l'enveloppe corporelle. C'est pour cela que certains malades, et pas seulement les dépressifs ou les mélancoliques, en viennent à ne plus sortir du lit.

 

 

 

La dépression chez l'enfant est une souffrance fréquente, bien que souvent masquée par des troubles du comportement. Elle est donc relativement méconnue, et peu d'études lui ont été consacrées.

  

- La position dépressive théorisée par Mélanie KLEIN se situe entre 6 mois et 2 ans, ce qui correspond à la perception de l'Objet total. Jusque là l'enfant était protégé par le clivage. Désormais il perçoit la globalité de l'Objet. Il cachera sa dépression derrière des tendances agressives.

 

D'après SPITZ la dépression est consécutive à un événement extérieur, et vient donc en réaction à une séparation ou à un traumatisme. Il relève l'importance des pulsions agressives avec possibilité d'expression et d’élaboration, et la présence d'une notion de perte, de séparation.

 

On note une grande fréquence de perte dans l'histoire de l'enfant dépressif, soit réelle et prolongée (décès, séparation) d'autant plus traumatisante que l'enfant est dans une phase critique entre 6 mois et 4 ans, soit temporaire mais avec une angoisse qui persiste , soit encore purement fantasmatique. On note aussi la fréquence d'un milieu familial perturbé, avec antécédent de dépression chez les parents. Se transmet alors une frustration affective à laquelle réagit l'enfant par une dépression. La carence affective est présente chez la mère. Il pourra y avoir une sévérité éducative excessive de la part des parents.

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