concepts et théorie

Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /2009 13:19
 Objet
La notion d'objet est envisagée en psychanalyse sous trois aspects principaux : a) en tant que corrélatif de la pulsion : il est ce en quoi et par quoi celle ci cherche à atteindre son but, à savoir un certain type de satisfaction, Il peut s'agir d'une personne ou d'un objet partiel, d'un objet réel ou fantasmatique. b)En tant que corrélatif de l'amour ( ou de la haine) : la relation en cause est avec celle de la personne totale, ou de l'instance du moi,et d'un objet lui même visé comme totalité ( personne , entité, idéal etc.) c) […]

L'objet trouve son origine dans la conception Freudienne, plus précisément dans les Trois essais sur la théorie de la sexualité, 1905, où Freud introduit sa notion de pulsion ( Trieb : pousser). Celle ci est structurée par sa source, son but et son objet. L'objet, représente le moyen par lequel la pulsion atteint son but. Car l'excitation endogène, la pulsion, ne demande qu'à être satisfaite, Toujours en 1905, Freud définit deux caractères propres à la sexualité infantile : «  Elle ne connait pas encore d'objet sexuel, elle est auto-érotique et son but est déterminé par l'activité d'une zone érogènes ». Sa conception évoluera au fil des nouvelles éditions : donc 195, puis 1910, 1915,1920,1924. C'est en 1914 que Freud distingue deux types de choix d'objets : le choix d'objet par étayage et narcissique, dans Pour introduire le Narcissisme. La relation d'objet narcissique est à l'image de la relation du sujet avec lui même.
Il élargit sa notion de 'choix narcissique' :
« On aime : […] selon le type narcissique :
 a) Ce que l'on est
 b) Ce que l'on a été
c) Ce que l'on voudrait être
d) La personne qui a été une partie de la personne propre

 Le choix d'objet par étayage, est un «  type de choix d'objet où l'objet d'amour est élu sur le modèle des figures parentales en tant qu'elles assurent à l'enfant, nourritures, soin et protection. Il trouve son fondement dans le fait que les pulsions sexuelles s'étayent originellement sur les pulsion d'auto conservation ».(3) En accord avec sa théorie sur l'étayage, apparu en 1905 : les fonctions sexuelles s'étayent sur les fonctions vitales. Dans la définition d''Étayage', nous lisons […] le sujet s'appuie sur l'objet des pulsions d'auto conservation dans son choix d'objet d'amour […],  nous pourrions poser l'équation : besoin de nourriture = succion du sein = satisfaction de besoin de nourriture dans un premier temps = la bouche devient zone érogène et le sein objet de plaisir. Freud dit «  ..

Bientôt le besoin de répéter la satisfaction sexuelle se séparera du besoin de nutrition », les deux pulsions, sexuelles et d'auto-conservation sont liées de manière intrinsèques, la première empruntant à la seconde ses sources et ses objets. Cette notion d'étayage trouve sa source, dans l'œuvre de Freud, dans l'analyse de cas comme celui de Dora (1905) où Freud établit une continuité entre l'origine du symptôme hystérique de celle ci : mal de gorge et toux hystérique (symbolisation), fantasme de succion du pénis, réactivation du plaisir archaïque de succion du sein maternel, L'activité de 'succion', le fantasme bucco-génital trouverait donc sa source dans la pulsion d'auto conservation. Le nourrisson recherchera alors le plaisir sexuel dans la tétée, dans le suçotement de la sucette, de ses doigts etc.

La zone érogène est alors la zone buccale, l'objet sur lequel s'étaye la pulsion devient secondaire, la satisfaction de la pulsion sexuelle prendra pou objet le sein, puis, par auto érotisme, les doigts, les lèvres, la langue etc. par suçotement. A cette époque, pour Freud, le choix d'objet sexuel n'est possible qu'à la puberté, les tendances sexuelles émanent des relations infantiles et parentales.

En 1910, dans la deuxième édition des Trois essais, il remanie sa théorie, est déplace sa notion de choix d'objet et d'élaboration fantasmatique de la puberté à l'enfance, grâce, en grande partie, à l'analyse du petit Hans. Patient de sa première analyse d'enfant, il peut observer ce qu'il n'avait pu observer avant : dès 3 ans, le petit garçon a des comportements amoureux envers ses parents et camarades. En 1915, les Trois essais connaisse leur 3ème remaniement avec l'apparition de la notion d'étayage, apparaît aussi dans sa théorie « les phases du développement de l'organisation sexuelle », sa théorie des pulsions se précise. La découverte d'un champ fantasmatique dans l'enfance, fait apparaître la notion d'objet : il dégage des organisations pulsionnelles centrées sur des zones érogènes, « mais structurées par rapport à la relation établie avec l'objet ».

 Il écrit «  L'activité sexuelle dans cette phase,n'est pas séparée de l'ingestion d'aliments, la différenciation de deux courants n'apparaissent pas encore. Les deux activités ont le même objet et le but sexuel est constitué par l'incorporation de l'objet, prototype de ce que sera plus tard l'identification appelée à jouer un rôle important dans le développement psychique » . C'est dans l'édition de 1915 que Freud distingue le choix d'objet narcissique et par étayage. Le narcissisme s'impose à lui pour expliquer l'homosexualité, la genèse de la paranoïa de Schreber, explique comment, celui ci prend son propre corps comme objet d'amour, et amène Schreber a choisir un objet d'amour ayant les mêmes organes génitaux que lui.
Ceci amène Freud à poser la notion de stade narcissique. Freud situe le narcissisme primaire à la naissance. Dans la vie sexuelle, en 1917, il dit «  Originairement au début de la vie psychique, le Moi se trouve investi par les pulsions et en partie capable de satisfaire ses pulsions lui même », il souligne que le monde extérieur n'est pas investi d'intérêt. L'apparition du stade de l'objet signifie que lorsque le nourrisson a un objet source plaisir, il tente de la rapprocher et l'incorporer dans le moi. L'attrait de l'objet dispensateur de plaisir, et alors dit « objet aimé ». Avant d'ouvrir le sujet des Pulsions partielles, revenons un instant sur les zones érogènes.

Dans Névroses,psychoses et perversions publié en 1910, Freud grace à son travail sur l'hystérie, pose le concept de « double emploi » de certains organes, sur «  la difficulté de servir deux maitres à la fois », les mêmes organes et les mêmes systèmes d'organes sont à la dispositions des pulsions sexuelles et des pulsions du moi. Il souligne que la bouche sert à s'alimenter, à parler et à donner ou recevoir des baisers.
Des conséquences pathologie peuvent s'en suivre si le moi n'accepte pas la fonction sexuelle partielle de l'œil, la bouche etc. Les hystériques démontrent bien ce refoulement du moi, certaines perdait la vue, l'usage de leurs jambes ou tout autres pathologie d'organe sans causes physiologiques.
Freud explique l'exemple de la vision, «  Si la pulsion sexuelle partielle qui se sert du regard, la scoptophilie sexuelle, a attiré sur en raison de ses prétentions excessives, la contre offensive des pulsion du Moi, de sorte que les représentations dans lesquelles s'expriment ses aspirations succombent au refoulement et sont écartées de l'accession à la conscience, alors la relation de l'œil et de la vision au Moi et à la conscience est de ce fait perturbée, Le Moi a perdu sa domination sur l'organe qui maintenant se met entièrement à la disposition de la pulsion sexuelle refoulée », Le Moi ne veut plus rien voir. Dans sa théorie de la sexualité infantile, Freud retrace le destin des pulsions partielles. Le destin de ses pulsions partielles varient : refoulement, sublimation ou utilisées dans les préliminaires sexuels par exemple. Par exemple, la sexualité orale se satisfait dans le baiser, l'anale dans l'étreinte. L'autre mode d'emploi de la sexualité pré génitale est dans la perversion. ( ceci sera abordé dans la 3ème partie). A travers l'étude du choix d'objets des enfants et des adolescents, nous pouvons remarqué que les objets sexuels sont calqués sur leurs premières expérience de satisfaction. Le premier objet est donc la mère ou son substitut.
Par Aurore A. - Publié dans : concepts et théorie - Communauté : L'inconscient
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /2008 18:06

Le transfert est un phénomène découvert par Sigmund Freud au cours de son travail sur l'hystérie avec Joseph Breuer. Il en a fait l'un des piliers de la discipline qu'il a fondée alors, la psychanalyse.

 

Il s'agit, dans la cure psychanalytique, de la projection, par l'analysant, de contenus de l'inconscient sur la personne du psychanalyste qui lui apparaît alors dotée de qualités bien différentes de sa réalité. C'est par l'analyse de ces projections que le processus analytique va aboutir, au fil du temps, à une prise de conscience progressive des problématiques auxquelles l'analysant est confronté. Francis Pasche définit ainsi le transfert au sens large (1975) : « La reviviscence de désirs, d'affects, de sentiments éprouvés envers les parents dans la prime enfance, et adressés cette fois à un nouvel objet, et non justifiés par l'être et le comportement de celui-ci »

 

Le transfert est d'abord et avant tout un phénomène humain qui s'éprouve à des degrés variables dans toutes relations. C'est évidemment dans la relation médecin malade qu'il s'éprouve de la manière la plus patente et cela n'avait échappé à personne, y compris avant Freud. En introduisant cette notion de transfert, les physiologistes E.H. Weber (1834) puis R. Kleinpaul (1884) avaient ont mis en évidence l'importance de la notion de représentation dans l'effort d'apprentissage. Là où l'oeuvre de Freud se démarque des visions, soit expérimentales soit impressionnistes qui prédominaient, c'est lorsqu'à partir de ses expériences cliniques, il songe à le théoriser puis à en faire « le moteur de la cure ». Il ne s'agit plus de constater le phénomène du transfert, de le dénoncer, de le déplorer ou de le favoriser en le manipulant, mais de l'analyser.

 

Cette réalité du transfert, Freud l’a découverte très tôt, et tout d’abord comme un obstacle au travail de l’analyse, avant de s’apercevoir qu’en fait il était aussi, de façon paradoxale, à proprement parler la cheville ouvrière de l’analyse. C’est ce paradoxe qui fait la difficulté de l’approche de ce concept. Dans les Études sur l’hystérie, donc le premier ouvrage de Freud écrit avec en collaboration avec Breuer, on voit apparaître ce transfert pour la première fois , sous la forme d’une résistance à l’analyse : « Il me reste enfin à traiter un sujet auquel incombe, dans la réalisation de cette analyse cathartique, un rôle important et gênant. » Oui c’est un facteur « gênant ». Et voici comment il le présente : « J’ai déjà fait allusion au rôle considérable que joue la personne du médecin dans la création des motifs servant à surmonter le puissance psychique des résistances. » Freud appelle résistance tout ce qui fait obstacle à la reconnaissance du désir inconscient et aux souvenirs d’enfance qui ont conditionné l’inscription de ce désir dans son lien au désir des parents. « Dans bien des cas, poursuit-il, et principalement chez les femmes, et lorsqu’il s’agit d’expliquer des associations de pensées érotiques, la collaboration des patients devient un sacrifice personnel qu’il faut compenser par quelques succédanés d’amour. Les efforts du médecin, son attitude de bienveillante patience doivent constituer des succédanés suffisants. » Dans cette formulation de Freud ne trouvons nous pas déjà entre l’amour de transfert et ce « succédané d’amour » que l’analyste devrait être en mesure de donner à son analysant, est- ce que nous ne trouvons pas là les prémisses de ce que Lacan appellera plus tard « le désir du psychanalyste » ainsi d’ailleurs que la définition qu’il a donné du transfert comme étant « la mise en acte de la réalité de l’inconscient » dans son lien au désir du psychanalyste ? Étant bien sûr posé, et fermement, que cette réalité est sexuelle. Il est à remarquer que c'est seulement à partir de cette définition du transfert comme mise en acte de la réalité de l'inconscient que ce concept d'abord découvert comme obstacle devient la cheville ouvrière du procès analytique, garant de son efficacité. Freud reprendra quelques années plus tard cette question sous le titre « Observations sur l'amour de transfert » mais sous ce titre, il met en garde, et non sans raison, les analystes des dangers qu'il y aurait à céder aux amours... de contre-transfert.

 

Dans son texte « observations sur l’amour de transfert », écrit en 1915, Freud décrit les mésaventures qui peuvent arriver à un jeune analyste inexpérimenté lorsqu’il se trouve aux prises avec les flambées de l’amour de transfert, amour qui est provoqué par la situation analytique elle-même. Il indique donc comment s’y prendre avec cet événement inévitable mais pourtant difficile à gérer. « Parmi toutes les situations qui se présentent, je n’en citerais qu’une particulièrement bien circonscrite, tant à cause de sa fréquence et de son importance réelle que par l’intérêt théorique qu’elle offre. Je veux parler du cas où une patiente, soit par de transparentes allusions, soit ouvertement fait comprendre au médecin que, comme toute n’importe simple mortelle, elle s’est éprise de son analyste. Cette situation comporte des côtés pénibles et comiques et des côtés sérieux… elle est si complexe, si inévitable, si difficile à liquider que son étude est depuis longtemps devenue une nécessité vitale pour la technique psychanalytique. »

 

Dès ces premières phrases nous pénétrons donc au cœur de l’expérience analytique avec ce terme décisif « maniement du transfert ». Ce maniement du transfert, qui serait donc la part de l’analyste dans le travail que poursuit l’analysant, ne peut être précisé sans avoir cerné au plus près, ce concept essentiel de la théorie analytique, puisqu’il en est sa condition, celui du transfert.

 

Avec cette découverte clinique de ce qu’est l’amour de transfert, la technique analytique, celle qui est censée nous permettre d’accéder à cette compétence de l’analyste, à ce dit « maniement du transfert », terme qui évoque le tour de main de l’artisan, un savoir faire, cette technique donc se trouve ainsi mise sous la dépendance, sous la tutelle même de la théorie puisque c’est à elle que revient la charge de préciser ce qu’est le transfert.

 

Ce transfert, quelle définition conceptuelle pouvons-nous en proposer?

 

Peut-être convient-il de poser d’emblée sa polyvalence dans le texte même de Freud :

 

   1. il est d’abord transport amoureux de l’analysant pour l’analyste, c’est l’amour de transfert, dans son usage le plus courant.

   2. Il est aussi, dans la métapsychologie freudienne, celle qui concerne les mécanismes de formation des symptômes, le mécanisme même de cette formation : Il y a « transfert », par déplacement, de l’affect d’une représentation refoulée sur une représentation substitutive - (Les psychonévroses de défense in Névrose, psychose et perversion, PUF.

   3. Mais c’est aussi, et c’est le sens premier que Freud lui donne dans l’Interprétation des rêves, la « transcription d’une langue dans une autre ».Quand cette transcription se fait dans le sens du contenu latent du rêve à son contenu manifeste, le transfert rend compte de la fabrication d’un rêve. Dans l’autre sens, du contenu manifeste à son contenu latent, ce même transfert, toujours pris dans le sens de traduction d’une langue dans une autre, livre le secret de ce qu’est « l’interprétation » du rêve.

 

Ce que Freud appelle « maniement du transfert », c’est donc, pour l’analyste, l’art de manier ces trois sens du mot, ce transfert d’amour pour l’analyste, ce transfert des affects qui provoquent les manifestations des symptômes pour arriver enfin à cette traduction d’une langue dans une autre qui consiste à retrouver la langue du désir inconscient. Manier le transfert, pour l’analyste, c’est donc savoir interpréter les rêves, les symptômes mais aussi les actes de ses analysants malgré et grâce à cet amour de l’analysant éprouvé pour L’analyste. A noter, que sous ces amours de transferts ainsi mises en avant, se cachent ces vigoureuses haines de transfert, non moins encombrantes pour le travail analytique. De ces haines solides, nous avons quelques beaux exemples dans l'histoire du mouvement analytique.

 

En transposant la notion de transfert dans la cure psychanalytique, Freud cherche d'abord dans les Études sur l'hystérie à comprendre ce qui résiste chez les patients dans la cure analytique, c’est-à-dire ce qui empêche le patient d'atteindre le but qu'il s'était fixé en venant consulter.

 

Freud rappelle d'abord que le transfert qu'il décèle dans la cure psychanalytique n'est qu'une exacerbation de phénomènes que l'on rencontre souvent dans la vie courante : « La faculté de concentrer l'énergie libidineuse sur des personnes doit être reconnue à tout homme normal. La tendance au transfert que nous avons rencontré dans les névroses (…) ne constitue qu'une exagération extraordinaire de cette faculté générale. ». Mais dans le dispositif établi entre le psychanalyste et le patient, cette capacité générale au transfert prend un tour particulier : elle tend à se focaliser sur la personne du psychanalyste. Ceci s'explique notamment par l'attente de guérison qui a motivé la cure. Le patient plaçant ses espoirs dans le psychanalyste se trouve placé comme en position infantile à l'égard de celui-ci. Cette analogie avec la situation première du sujet, quand celui-ci dépendait de l'amour de ses parents pour survivre va déclencher une série d'associations, de résistances tout en constituant un moteur qui va faciliter le dénouement des symptômes.

 

source Wikipédia

Par Aurore A. - Publié dans : concepts et théorie
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /2008 17:51

L'angoisse : elle est de l'ordre du vécu et sans objet, face à laquelle il n'y a pas de solution. On observe alors une immobilité de l'esprit. Si l'on peut dire que la phobie est une peur sécurisante ("je n'aurai peur qu'en présence des serpents"), l'angoisse par contre ne permet pas la représentation de la peur, et sera donc dramatique pour celui qui la vit. "Angoisse" vient d'un mot latin qui veut dire "passage étroit", "resserrement". Cela traduit le fait d'avoir la gorge serrée, de mal respirer. Les crises d'asthme sont souvent des manifestations de l'angoisse. Il pourra de même y avoir des manifestations cardiaques, vasculaires, céphaliques. Ces manifestations font que l'on perçoit l'expérience de manière déréelle.

 

 L'angoisse au cours du développement

 

 L'angoisse est une manifestation fonctionnelle que l'enfant doit vivre de manière ponctuelle et maturante.

 

 

TYPES D'ANGOISSE

 

Naissance : ... traumatisme.

 

Stade oral : ... angoisse de dévoration (être dévoré).

                   ... angoisse de persécution (paranoïde et schizoïde).

 

8ème mois : ... angoisse de séparation ou d'abandon.

 

Stade du miroir : ... angoisse de morcellement.

 

Stade anal : ... angoisse de destruction (effraction anale, se vider de son corps).

 

Oedipe : ... angoisse de castration.

 

Adolescence : ... angoisse existentielle.

 

Age adulte : ... angoisse de mort.

 

 

A chacune de ces situations l'angoisse est surmontée car l'individu en trouve des solutions. Il intériorise l'obstacle, se le représente et le maîtrise. Mais il reste toujours une trace de ces angoisses primitives. Chaque nouvelle angoisse est une métonymie. L'angoisse est dynamisante pour la personnalité, ou paralysante dans le cas de l'angoisse pathologique. Dans tous les cas l'on a affaire à une perte et la problématique qui en découle doit être surmontée.

 


Théories freudiennes de l'angoisse :

 

L'angoisse est liée à la pulsion. Un excès de tension crée une surcharge d'énergie qui ne peut se libérer et provoque l'angoisse. L'angoisse est secondaire à la non - utilisation de l'énergie.

 

- 1ère théorie : l'angoisse est liée à une perte de la représentation.

 

- 2ème théorie : l'angoisse est le résultat d'un conflit entre le ça et le Surmoi, le ça et le Moi ou le Surmoi et le Moi (accès au dossier "ca moi surmoi"). C'est le Moi qui vit l'angoisse, comme un signal d'alarme émit par lui face à un désir incompatible. L'angoisse a une fonction d'auto - conservation.

 

Pour Mélanie KLEIN :

 

Elle décrit deux formes d'angoisses qui correspondent à deux positions. Ce sont deux modalités relationnelles du sujet face au monde extérieur.

 

- 1ère position : position schizo-paranoïde. C'est celle de l'Enfant d'avant 4 à 5 mois, ou plutôt son reflet répétitif, avec l'angoisse de morcellement, de dévoration vis à vis du mauvais Objet, qui est le représentant des pulsions de mort.

 

- 2ème position : position dépressive. C'est le reflet répétitif d'après 4 mois, correspondant à l'angoisse dépressive. L'Objet affectif est reconnu et l'angoisse correspond à la culpabilité que l'Enfant éprouve vis à vis de son agressivité. On a alors affaire à une angoisse de perte de l'Objet idéalisé (accès au dossier "melanie Klein").

 

Pour René SPITZ :

La méthode de l'observation directe montre l'observation de l'angoisse aux alentours du 8ème mois. Avant, le Moi n'est pas capable de ressentir l'angoisse  

 

 

 

Les Objets de l'angoisse

 

Ils sont imaginaires mais peuvent se concrétiser dans des représentations. Ils peuvent aussi faire irruption dans le réel (cas des phobies, des hallucinations). L'Objet dans la réalité n'est qu'un support de l'angoisse.

 


    * La psychose : Cette structure correspond à des frustrations précoces maternelles et à une impossibilité fonctionnelle de l'Enfant de dégager son propre Moi de celui de la Mère. Il y a fixation à ce stade, pré-organisant le Moi de manière psychotique. L'angoisse est alors une angoisse de morcellement. L'Enfant n'a pu accepter cette frustration excessive et a construit sa réalité: la fusion.

  

 *  Les états limites : Ils correspondent aussi à des expériences de perte de l'Objet idéal, avec traumatisme. L'expérience est trop précoce par rapport à la maturité psychique. On aura affaire à une angoisse de perte liée à la dépendance anaclitique.

  

 * La névrose : L'évolution est moins traumatisante jusqu'à la période oedipienne, où surgit un conflit Pulsion/Surmoi, ou Désir/Défense. Il y a survenue de l'angoisse de castration, angoisse de faute vécue dans le présent mais centrée sur le passé oedipien (accès au dossier "névrose").

 

 

Névrose :          ... relation triangulaire               ... angoisse de castration.

Etat limite :        ... relation anaclitique    ... angoisse de perte.

Psychose :         ... relation fusionnelle    ... angoisse de morcellement.

Par Aurore A. - Publié dans : concepts et théorie
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /2008 17:43

Définition

 

 Un mécanisme de défense est un processus de défense élaboré par le Moi sous la pression du Surmoi et de la réalité extérieure, et permettant de lutter contre.

Ces mécanismes psychiques préservent le Moi et le protègent aussi des exigences pulsionnelles du. Mais ce dont le Moi se protège en priorité, c'est de l'angoisse.

 

Par exemple, une représentation inconsciente va être incompatible avec les exigences du Surmoi. Cette représentation inconsciente du ça apporte du plaisir mais provoque aussi du déplaisir. Le Moi, pour se défendre contre cette représentation, va utiliser divers procédés que l'on réunit sous le terme de "mécanismes de défense du Moi".

 

 

Mécanismes de défense psychotiques

 

La psychose : c'est une affection mentale résultant de frustrations précoces, c'est à dire avant la fin de la première année de la vie, et pré-formant le Moi de manière psychotique (accès au dossier "psychose"). Ce ne sera qu'à la puberté, quand le sujet aura vécu des expériences autres, que l'on pourra parler de psychose établie ou non, suivant que ces expériences auront été réparatrices ou non. C'est ainsi que la schizophrénie ne se déclare que vers 16 à 20 ans.

Forcément très archaïques, ils concernent une relation objectale non. Ils ont souvent valeur de symptôme. Précisons que l'autisme, état le plus morbide et le plus archaïque, n'utilise aucun de ces mécanismes: c'est un état de plaisir / déplaisir de l'enfant, cristallisé de manière pathologique.

 

   1.      Le clivage : c'est le premier mécanisme de défense psychotique, ou primaire. Le clivage concerne soit l'Objet, soit le Moi. Dans le clivage, l'Objet est séparé en 2 parties, bonnes ou mauvaises, ayant des destins indépendants (bon et mauvais Objet). Exemple: vivre selon la réalité et la nier complètement, une partie du Moi reconnaissant la réalité et une autre partie du Moi la niant, sans qu'il y ait d'influence d'une partie sur l'autre. Dans le clivage, on préserve le bon Objet du mauvais Objet, pour éviter la contamination. Le clivage du Moi préserve la bonne partie de soi liée à la libido, de la mauvaise partie de soi, liée à la pulsion de mort (l'ambivalence est le mécanisme qui remplace le clivage dans la névrose, car le clivage est psychotique uniquement).

  

2.La projection : c'est une opération psychique qui permet au sujet de localiser à l'extérieur ce qui se situe en fait à l'intérieur de lui. Il attribue donc à une autre personne les affects dont il ne peut se protéger et qu'il refuse de reconnaître en lui-même. La projection existe aussi comme mécanisme névrotique, mais avec une localisation à l'extérieur moins vitale, moins expulsive, avec un début de reconnaissance préconsciente, tandis que la projection psychotique est plus massive, systématique, comme dans la paranoïa (la paranoïa est une psychose) dont elle constitue le principal mécanisme, de façon délirante (accès au dossier "paranoia"). Le sujet nie pour lui un désir intolérable et projette ce désir sur un autre.

  

3. L'introjection : opération psychique qui permet au sujet de localiser à l'intérieur ce qui se situe en fait à l'extérieur. La tendance naturelle est d'introjecter les bons Objets à l'intérieur de soi pour fortifier son Moi. La dépression mélancolique est un contre exemple puisque l'Objet perdu, détérioré par l'agressivité du sujet est introjecté: le sujet ressent vis à vis de lui-même les sentiments qu'il avait adressés à l'Objet, et c'est l'introjection cette fois du mauvais Objet. L'introjection est l'équivalent psychique de l'incorporation, le sujet faisant passer fantasmatiquement du dehors au dedans les Objets extérieurs et les qualités inhérentes à ces Objets. C'est un mécanisme psychotique utilisé quelque fois par la névrose.

  

4. L'idéalisation : le bon Objet devient parfait, idéal, afin d'être préservé du mauvais Objet. C'est un mécanisme très psychotique employé aussi bien dans la schizophrénie que dans la paranoïa. L'idéalisation permet de protéger le bon Objet des pulsions destructrices en amplifiant ses qualités exagérément.

  

5. Le mépris de l'Objet : l'Objet est déprécié, anéanti pour se préserver de l'angoisse résultant de la perte éventuelle de cet Objet. C'est une défense maniaque (exemple: quitter la personne qu'on aime pour éviter d'être quitté).

  

6. Le triomphe : l'Objet n'a aucune valeur en lui-même. C'est l'attitude toute puissante du sujet sur l'Objet. Contrôle omnipotent de l'Objet. S'assimile au mépris de l'Objet.

  

7. L'identification projective : une partie de la personnalité du sujet s'introduit fantasmatiquement dans le Moi de l'Objet pour le contrôler, lui nuire ou chercher des satisfactions qu'il suppose y être. Cette partie appartient toujours au sujet (exemple: l'identification à l'agresseur).

  

8. L'identification introjective : une partie de la personnalité d'un autre s'introduit dans le sujet pour le contrôler, lui nuire ou chercher des satisfactions. Cette partie de la personnalité de l'autre reste une partie vivante de l'autre.

  

9. La régression : perte des acquisitions antérieures pour retrouver un système de relation au monde extérieur plus archaïque.

 

10. Le déni de la réalité : le sujet nie une partie de la réalité qui lui apporterait de l'angoisse.

 

 

 

Mécanismes de défense élaborés, ou névrotiques

 

La névrose concerne les conflits d'ordre Oedipien, réactualisés à la puberté. Ce sera l'hystérie et la névrose obsessionnelle principalement.

 

 

 

   1. Le refoulement : c'est un mécanisme majeur lié à la culpabilité et qui contribue à tous les autres mécanismes de défense. C'est aussi le plus complexe. Il est constitutif de l'inconscient comme domaine séparé du reste du psychisme. C'est par le refoulement que certains contenus inconscients ne parviennent jamais à la conscience, et que d'autres y retournent. Le refoulement est donc à la fois une pression/censure et un maintien. Le refoulement fait revenir à l'inconscient des représentations liées à des pulsions (accès au dossier "pulsions"), et risquant de provoquer du déplaisir à l'égard du Surmoi et de la réalité extérieure. Une représentation est refoulée quand elle subit l'attraction du noyau inconscient pathogène et l'action de la censure (refoulement originaire + censure). Ce n'est jamais la pulsion qui est refoulée, mais sa représentation (la pulsion a deux aspects: l'affect et la représentation). L'émotion (l'affect) n'est jamais refoulé. La représentation refoulée de la pulsion séjourne dans l'inconscient et va s'y organiser. Elle va ainsi effectuer un travail de déformation et d'éloignement. Elle va former des rejetons qui subiront chacun un destin particulier. La charge affective, ou affect, va se lier à l'un de ces rejetons et va tenter à nouveau d'émerger, et ce sera le retour du refoulé qui s'exprimera dans les rêves , les actes manqués, les lapsus ... Rien ne subsistera de la représentation première si ce n'est l'affect qui va provoquer l'angoisse. Il faut considérer le refoulement comme une étape première. Le produit refoulé (nos représentations mentales inavouables) se déverse dans le ça.

  

2. La formation réactionnelle : c'est une attitude qui s'oppose à un désir refoulé et qui se constitue en réaction contre celui-ci. C'est donc d'abord un refoulement, puis un contre investissement dans un élément conscient de force égale. Par exemple un adolescent est conscient de son, mais pas de sa tendresse. Il est aussi conscient de sa pudeur, mais pas de son exhibitionnisme. Il transforme ainsi quelque chose d'inacceptable en quelque chose d'acceptable (tendresse vis à vis d'un petit frère en réaction à la jalousie agressive refoulée). Autre exemple, la personne qui fait toujours le ménage, ne peut tolérer la saleté, et réagit en réaction à son désir anal, ce qui lui permet de toucher la saleté tout en respectant son Surmoi et les exigences extérieures. La formation réactionnelle concerne essentiellement la pulsion anale et ses dérivés conformisme, propreté, honnêteté...) pour justement lutter contre (contre la saleté, contre l'avarice, contre le désordre...). Quelquefois, il y a émergence du refoulé. Dans la névrose obsessionnelle, ce mécanisme est typique, caricatural, inapproprié, pathologique. La formation réactionnelle peut être utilisée par tout le monde mais de façon adaptée, ponctuelle: c'est alors un "mécanisme de dégagement". Notons que la formation réactionnelle concerne l'attitude tandis que le renversement de la pulsion en son contraire concerne la pulsion.

  

3. L'isolation : ce mécanisme consiste à isoler une pensée ou un comportement de son affect, de son contexte affectif. La représentation est reconnue mais ne touche pas le sujet. On retrouve ce mécanisme dans les névroses obsessionnelles, ainsi que chez les hystériques qui semblent indifférents, en réaction à une trop grande fragilité. Très souvent l'affect est dévié sur une autre représentation anodine qui deviendra obsédante (ne pas supporter par exemple le massacre des bébés phoques, et y penser sans arrêt, de façon obsédante). L'affect, qu'on ne peut pas refouler, est dévié. "Il n'a pas encore réalisé ce qui lui est arrivé" dit-on parfois de quelqu'un, sans pour autant que ce soit pathologique, mais c'est ce mécanisme de défense qui se met en place pour protéger le Moi.

  

4. Le déplacement : l'affect associé à une représentation mentale dangereuse se détache de celle-ci pour s'investir sur une autre représentation moins dangereuse afin de se défouler.

  

5. L'annulation rétroactive : faire en sorte que des pensées, des gestes ou des paroles ne soient pas advenues et pour cela il y a utilisation d'une nouvelle pensée ou d'un nouveau comportement ayant une signification autre ou supposée autre.

  

6.Le retournement sur soi : processus par lequel la pulsion remplace un Objet extérieur indépendant par le sujet lui-même. La charge affective reste inchangée mais se retourne sur le sujet. L'affect est reconnu puis retourné sur la personne. Par exemple le sadisme se retourne vers soi et est appelé masochisme. Cela concerne principalement la pulsion agressive. Notons que dans l'introjection, c'est une qualité extérieure que l'on place en soi, tandis que dans ce mécanisme de retournement sur soi, l'énergie pulsionnelle appartient déjà au sujet mais au lieu de s'extérioriser, elle est retournée vers lui. Cela s'observe par exemple dans le suicide, ou dans l'auto-agressivité.

 

   7. Le renversement de la pulsion en son contraire : le but (et non l'objet) de la pulsion se transforme en son contraire, principalement dans le passage de l'activité à la passivité. Par exemple l'agressivité vis à vis de quelqu'un qu'on a aimé, ce qui est une façon de se détacher de la personne. Autre exemple, le voyeurisme qui se transforme en exhibitionnisme. Notons que dans le mécanisme du retournement sur soi, le voyeurisme devient du narcissisme, voyeurisme sur soi.

  

8 La rationalisation : procédé par lequel le sujet cherche à donner une explication cohérente, logique, acceptable, morale à une attitude, un sentiment dont il ne perçoit pas les véritables motifs. Cela permet d'expliquer un fonctionnement ou un comportement autrement qu'en recourant à l'affectif, autorisant ainsi une satisfaction pulsionnelle culpabilisante. Le Surmoi cherche des appuis moraux, politiques ou religieux pour renforcer les défenses du Moi. On parle aussi d'intellectualisation, dont le but est de maîtriser en mettant à distance les affects. C'est jouer avec les mots et les idées pour mettre de côté les pulsions.

   

9. La dénégation : procédé par lequel le sujet exprime un désir, une pensée, un sentiment jusqu'ici refoulé tout en se défendant, en niant qu'il lui appartienne. C'est une négation de précaution qui met en fait l'accent sur ce qui est important: "je vais vous dire ce que je ne suis pas" (c'est en fait ce que je suis). On présente son être sur le mode de n'être pas. Il y a une certaine acceptation du refoulé qui subsiste cependant sous la forme de négation. La dénégation est un moyen de prendre connaissance du refoulé, une sorte d'admission intellectuelle avec une inadmission affective. Le Moi est en méconnaissance dans la connaissance. Répugnance à s'identifier à ce qu'on vient de dire.

 

 

10. La sublimation : mécanisme concernant des activités intellectuelles, artistiques ou religieuses. La sublimation porte sur les pulsions partielles libidinales qui ne parviennent pas à s'intégrer dans la forme définitive de la génitalité. Il n'y a pas de refoulement (ce n'est donc pas à proprement parler un mécanisme de défense) mais une conversion de ces pulsions dans un but non sexuel qui revalorise le sujet. La sublimation ne se fait pas sous la pression du Surmoi mais est de l'ordre de l'idéal du Moi. Il n'y a pas de culpabilité mais plutôt du narcissisme. Trois caractéristiques: déplacement d'Objet, changement de nature de la pulsion, l'Objet visé est socialement valorisé. La sublimation dévie les pulsions sexuelles vers un Objet socialement valorisé.

 

11. L'inhibition : évitement d'une situation qui révèle en nous des pulsions pénibles.

Par Aurore A. - Publié dans : concepts et théorie
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /2008 17:25

Comment peut on se représenter le psychisme humain ? Je pense qu’il est important de comprendre sa construction ‘schématique’ pour mieux en saisir le fonctionnement.

L’approche freudienne considère que le fonctionnement mental peut être connu par une triple approche :

dynamique : conflits inconscients, sens des productions psychiques

économique : définir les forces en présence et la puissance du sens

topique : décrit les instances du fonctionnement mental

 

Dans la théorie psychanalytique, la première topique définit trois systèmes: l'Inconscient, le Préconscient et le Conscient ayant chacun sa fonction et son type de. FREUD aborde dans une deuxième topique les rapports entre les 3 instances que sont le  ça (pôle pulsionnel), le Moi (intérêt de la totalité de la personne, raison + narcissisme) et le Surmoi (agent critique, intériorisation des interdits et des exigences). Pour expliquer l'ensemble des processus mentaux, FREUD en viendra à rajouter l'Idéal du Moi (modèle de référence très investit narcissiquement, et que la personne espère égaler). Il pourra alors décrire les principaux phénomènes psychiques en termes de conflits. La deuxième topique révèle mieux la façon dont le sujet se construit, et se perçoit. Dans l'ambivalence par exemple, il y a un conflit créé par la dualité pulsionnelle à l'intérieur d'un même système, le ça. L'Oedipe est un conflit qui oppose le ça et le Surmoi. La sublimation quant à elle permet à la fois la satisfaction du Moi et la satisfaction des revendications pulsionnelles du ça... etc.

 

Nous pourrions résumé ceci simplement :

Ça : intérêts pulsionnels.

Surmoi : intérêts extérieurs.

Idéal du Moi : intérêts narcissiques.

Moi : intérêts de la totalité de la personne

 

 

Définition du ça

C’est le pôle pulsionnel de la personnalité, la partie la plus chaotique et la plus obscure. C’est entièrement le domaine de l’instinctif, du biologique qui ne connaît ni règle de temps ou d’espace, ni interdit. Totalement inconscient, il est régi et dirigé par le seul principe de plaisir. De ce fait, les choses les plus contradictoires peuvent y exister.

 

Deux aspects le caractérisent :

 

    * l’héréditaire (sexualité et agressivité propres à l’espèce),

    *  et l’acquis (formes que prendront cette agressivité et cette sexualité).

 

Le nourrisson a une vie mentale et somatique très proche du pulsionnel, c’est à dire commandée presque exclusivement par les besoins archaïques (accès au dossier "pulsion").  Sa vie psychique est dominée par le principe de plaisir qui régit le fonctionnement du ça, et est donc soumise au principe de toute puissance et au désir de satisfaction immédiate et illimitée. Du monde qui l’entoure et le domine n’existe que ce dont il a besoin. Tout ce qu’il croit et ressent existe, car il ne fait pas la part du réel et de l’imaginaire.

 

 Le ça entre ensuite en conflit avec le Moi et le Surmoi. Réservoir de la libido et de l'énergie psychique, ses contenus sont d'une part héréditaires puis d'autre part refoulés et acquis. Les pulsions (pulsion de vie et pulsion de mort) sont contenues dans le ça:

 

        * La pulsion de vie (ou d'auto conservation, ou sexuelle): les pulsions qui en découlent ont pour fonction de lier les énergies et de maintenir la vie.

        * La pulsion de mort : elle fait tendre l'organisme vers un état zéro et comprend la destruction (principe d'agressivité), la répétition et la régression.

 

 Emergence du Surmoi et de l'idéal du Moi  (au stade phallique, vers 4 ans)

 Avec la résolution du conflit Oedipien, une partie de la personnalité de l'enfant va assumer les interdits du parricide et de l'inceste, ainsi que l'identification au Parent du même sexe que lui. C'est le Surmoi, héritier de l'Œdipe (ceci est la théorie de Freud, Mélanie Klein et d’autres attribuent l’apparition et la construction du surmoi a des phases plus précoces, au stade oral). C'est l'intériorisation des interdits et des exigences parentales et sociales, le censeur du futur adulte. Une fois formé, le Surmoi va remplacer les parents dans la vie sociale. Il rentrera continuellement en conflit avec les pulsions, et entraînera la culpabilité.

 

 Le Surmoi est l'instance refoulante, le support de tous les interdits et des contraintes sociales et culturelles. Son activité est partiellement inconsciente. Héritier du complexe d'Oedipe, il se constitue par intériorisation des exigences et interdits Parentaux. L'Enfant renonce au désir incestueux grâce à la fonction séparatrice du Père, puis la découverte des règles sociales sous la pression de l'instance refoulante: le Surmoi.

 

(Psychopathologie : Le Surmoi du pervers est resté au stade pré-Oedipien, c'est à dire qu'il retient le sujet au niveau des interdits du stade anal (ou oral) mais n'a pas de loi de type social. Car les lois sociales naissent de la confrontation Oedipienne, le Surmoi du névrosé est par contre plus tyrannique, plus culpabilisant. Le névrosé fantasme là où le pervers agit. Ainsi, dans les cas d'homosexualité par exemple, elle est acceptée et revendiquée par les homosexuels pervers tandis qu'elle est culpabilisée par les névrosés.)

 

 

Emergence de l'idéal du Moi

C'est un modèle auquel le sujet cherche à se conformer, résultat de l'identification aux parents idéalisés. L'idéal du Moi est une instance qui accompagne le processus de socialisation, tout au long de la formation de la personnalité. C'est aussi le substitut de la toute puissance de l'enfant (de "je peux tout" à "je voudrais tout pouvoir") pour la construction de son Moi. Le Moi se compare et se construit par rapport à un idéal, à une référence permettant au sujet de se dépasser. Cet idéal personnel se forme progressivement au cours de l'enfance par identification aux personnes proches (souvent les Parents) aimées et admirées. Cette instance psychique est consécutive à l'identification Oedipienne. (Ne pas confondre avec le "Moi idéal", qui n'est pas le substitut mais l'idéal d'une toute puissance narcissique, avec identification à des personnages fabuleux ou prestigieux. Le Moi idéal ne propose pas de modèle accessible pour le processus de socialisation.)

 

     

Définition du Moi

C'est la partie de la personnalité la plus consciente, en contact avec la réalité extérieure. Le Moi s'efforce de faire régner l'influence du monde extérieur sur le ça. Soumis au principe de réalité, il a un rôle de régulateur et de médiateur. Ses opérations sont inconscientes (mécanismes de défense). Il est issu du ça confronté à la réalité extérieure et se forme à partir d'identifications et de gratifications successives. Le refoulement par exemple, est un des mécanismes de défense du Moi. Il se manifeste lorsque le désir et les pulsions ne peuvent être acceptés et doivent être dérivés de leur Objet. L'instance première est le ça. En sont issus dans un premier temps le Moi, formé grâce au contact avec la réalité extérieure, puis le Surmoi introjecté par le Moi qui fait se retourner l'énergie pulsionnelle contre lui-même. A la rencontre du ça et du Surmoi (ainsi que son "pendant" plus élaboré qu'est l'Idéal du Moi) se trouve le Moi.

 

Les défenses du Moi soutiennent la vie psychique. Quand elles s'effondrent (on parle alors de décompensation) il y aura possibilité de dépression (accès au dossier "dépression"). Cela peut se passer par exemple lors d'un deuil. Le processus de deuil désigne à ce propos l'ensemble des processus psychologiques qui sont mis en place par la perte d'un Objet aimé (accès au dossier "relation d'Objet") et qui aboutissent généralement à ce que le sujet renonce à cet Objet, et puisse ainsi s'en détacher tout en préservant le Moi.

 

Lorsque le Moi s'efforce d'échapper à la réalité  (Sigmund FREUD)

 

-" Gardons-nous de penser que le fétichisme constitue un cas exceptionnel de clivage du Moi, non, mais il nous offre une excellente occasion d'étudier ce phénomène. Revenons au fait que le Moi infantile, sous l'emprise du monde réel, se débarrasse par le procédé du refoulement des exigences pulsionnelles réprouvées. Ajoutons maintenant que le Moi, durant la même période de vie, se voit souvent obligé de lutter contre certaines prétentions du monde extérieur ressenties comme pénibles et se sert, en pareille occasion, du procédé du déni pour supprimer les perceptions qui lui révèlent ces exigences. De semblables dénis se produisent fréquemment, et pas uniquement chez les fétichistes. Partout où nous sommes en mesure de les étudier, ils apparaissent comme des demi mesures, comme des tentatives imparfaites pour détacher le Moi de la réalité. Le rejet est toujours doublé d'une acceptation; deux attitudes opposées, indépendantes l'une de l'autre, s'instaurent, ce qui aboutit à un clivage du Moi. Ici encore l'issue doit dépendre de celle des deux qui disposera de la plus grande intensité. Le clivage du Moi, tel que nous venons de le décrire, n'est ni aussi nouveau, ni aussi étrange qu'il pourrait d'abord paraître. Le fait qu'une personne puisse adopter, par rapport à un comportement donné, deux attitudes psychiques différentes, opposées, et indépendantes l'une de l'autre, est justement un caractère général des névroses, mais il convient de dire qu'en pareil cas l'une des attitudes est le fait du Moi tandis que l'attitude opposée, celle qui est refoulée, émane du ça. La différence entre les deux cas est essentiellement d'ordre topique ou structural et il n'est pas toujours facile de décider à laquelle des deux éventualités on a affaire dans chaque cas particulier. Toutefois, elles ont un caractère commun important: en effet, que le Moi, pour se défendre d'un danger, dénie une partie du monde extérieur ou qu'il veuille repousser une exigence pulsionnelle de l'intérieur, sa réussite, en dépit de tous ses efforts défensifs, n'est jamais totale, absolue. Deux attitudes contradictoires se manifestent toujours, et toutes deux, aussi bien la plus faible, celle qui a subi l'échec, que l'autre aboutissent à des conséquences psychiques. Ajoutons encore que nos perceptions conscientes ne nous permettent de connaître qu'une bien faible partie de tous ces processus."

 

 

 

Le Moi et l'angoisse

 L'angoisse est liée à la pulsion. Un excès de tension crée une surcharge d'énergie qui ne peut se libérer et provoque l'angoisse. L'angoisse est secondaire à la non- utilisation de l'énergie.

 

    *      1ère théorie Freudienne: l'angoisse est liée à une perte de la représentation.

    *      2ème théorie Freudienne: l'angoisse est le résultat d'un conflit entre le ça et le Surmoi, le ça et le Moi ou le Surmoi et le Moi. C'est le Moi qui vis l'angoisse, comme un signal d'alarme émit par lui face à un désir incompatible. L'angoisse a une fonction d'auto- conservation.

 

 

Le Moi et les mécanismes de défense

 

Les mécanismes de défense sont des processus élaborés par le Moi sous la pression du Surmoi et de la réalité extérieure, et permettant de lutter contre l'angoisse. Ces mécanismes psychiques préservent le Moi et le protègent aussi des exigences pulsionnelles du ça. Mais ce dont le Moi se protège en priorité, c'est de l'angoisse.Par exemple, une représentation inconsciente va être incompatible avec les exigences du Surmoi. Cette représentation inconsciente du ça apporte du plaisir mais provoque aussi du déplaisir. Le Moi, pour se défendre contre cette représentation, va utiliser divers procédés que l'on réunit sous le terme de "mécanismes de défense du Moi" .

 

 Le Conscient accède à l'inconscient comme les organes des sens accèdent à la réalité extérieure. Il y a eu constitution d'un "grenier" où sont engrangées toutes les informations vécues. L'individu peut faire appel à un moment précis à ces vécus. Ces faits sont dits "refoulés". Le refoulement est un mécanisme de défense. Tout ce qui est refoulé devient inconscient mais l'inconscient n'est pas constitué que de cela. Il y a aussi des contenus innés qui ne sont jamais passés par la conscience. L'inconscient obéit aux processus primaires que sont le déplacement (changement d'Objet) et la condensation (plusieurs Objets en un). Ces deux processus primaires obéissent au principe de plaisir. Les désirs sont mobiles et essaient de s'extérioriser, provocant le refoulement.

 

 Le refoulement est un filtre incité par le Surmoi et opéré par le Moi. Le symptôme est le produit du refoulement qui consiste en un retour du refoulé sur le plan somatique. Il sert à échapper à l'angoisse. Il est le substitut d'une satisfaction pulsionnelle qui n'a pas eu lieu. Ce qui aurait du être plaisir devient déplaisir.

 

 Le Moi et l'agressivité

 L'origine de l'agressivité est pulsionnelle . Elle est la résultante de la projection de la pulsion de mort sur le mauvais Objet. Elle est liée par la libido pour la préservation du Moi (sexualité, reproduction, défense du territoire, emprise sur le monde, affirmation de soi..). Elle est sublimée, déplacée. Elle contribue, au sortir de l'Oedipe,  à la formation du Surmoi.

 

Avant l'Oedipe, l'agressivité s'exprimait à travers la projection, le clivage... après l'Oedipe elle sera sublimée et s'exprimera en partie sous le contrôle du Surmoi. C'est une opération du Moi qui a transformé l'agressivité du ça en Surmoi.

 

 

 

 

Par Aurore A. - Publié dans : concepts et théorie
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  • : Aurore A.
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  • : 29/05/1978
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