l'Amour

Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /2009 14:21
Qui peut se vanter de ne jamais avoir souffert d’un chagrin d’amour ? D’autant que lors d’une rupture, notre inconscient se souvient toujours… Explications.

Le processus redoutable, que la psychanalyse a nommé complexe d’OEdipe, fera que nous nous sentirons douloureusement trahis et exclus dès lors qu’un amour apparaîtra impossible. Les amours hétérosexuels autant qu’homosexuels n’échappent pas à cette souffrance. Ce sacré besoin d’amour... Nous avons tous besoin d’être aimés et nos Je t’aime sonnent souvent comme des Aime-moi.
Le problème, c’est qu’il ne suffit pas d’aimer pour être aimé en retour. Tous nos chagrins d’amour se situent donc dans cette non réciprocité qui entâche de façon douloureuse notre narcissisme : Je ne suis pas aimable, je suis laid(e), je suis nul(le)… À ce stade, l’enfer c’est bien cet autre aimé qui nous renvoie à notre détresse originelle : la coupure du cordon dès la naissance.

Nous fantasmons que sans l’élu(e), plus rien n’est possible. La vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Et maintenant, chantait Gilbert Bécaud, que vais-je faire ? Et maintenant que tu es partie, de tous ces gens qui m’indifférent. De tout ce temps… Toutes ces nuits, pour quoi, pour qui ? Et ce matin qui revient pour rien

On ne devrait jamais minimiser un chagrin d’amour. Il s’agit d’un véritable cataclysme qui peut entraver toute une vie. Dans sa forme pathologique, le désir s’est confondu en besoin. On peut parler d’une forme d’addiction, le partenaire absent étant transformé en lien vital.

Une chance Heureusement, le principe de guérison est inhérent à notre condition humaine ! Pour Freud, on souffre au présent de traumatismes passés. Il devient alors nécessaire de ne plus confondre ce qui est de l’ordre du fantasme avec ce qui relève de la réalité. L’inconscient imagine, en effet, fixé qu’il est à ses premiers objets d’amour (maman et papa ou leurs substituts), qu’il mourra s’il les perd. Mais cela est pur leurre dans la mesure où nous avons survécu à cette pseudo perte. Comprendre que l’être aimé actuel réactive cette angoisse, par un jeu d’identification, remettra notre narcissisme à sa juste place. Nous sommes en fait capables de surmonter cet obstacle de la même manière que nous avons réussi à le faire précédemment. Nous vivions avant la rencontre amoureuse, pourquoi ne vivrions-nous pas après ? Quel est ce pouvoir occulte que nous accordons à autrui sous le fallacieux prétexte de l’amour ? De quel droit l’être aimé disposerait-il de nous ? Accepter ce principe de guérison revient à réaliser que nous n’avons fondamentalement besoin de personne pour être heureux ! Ce n’est pas de l’égoïsme puisque ce principe est valable pour l’autre aussi.

Claudine Santos
Par Aurore A. - Publié dans : l'Amour
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 18:03

Nous savons que l'adulte, dans sa relation à l'autre, a acquit sa capacité à aimer, donner, recevoir, dans son enfance. Cette ' relation d'objet et son choix d'objet est largement influencé par les rapports établis dans la prime enfance avec les parents et la fratrie, et plus tard la crèche et l'École. Avant de parler d'amour, parlons simplement de liens, nous tissons au fil de notre vie, une toile sociale, composée d'amis, de connaissances, d'ennemis.

Petit extrait de St exupéry...(Le petit prince)

C'est alors qu'apparut le renard :
.

- Bonjour dit le renard.

- Bonjour, répondit poliment le Petit prince, qui se retourna, mais ne vit rien.

- Je suis là, dit la voix, sous le pommier...

- Qui es-tu ? dit le Petit Prince. Tu es bien joli.

- Je suis un renard, dit le renard.

- Viens jouer avec moi, lui proposa le Petit Prince. Je suis tellement triste...

- Je ne peux pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

- Ah ! Pardon, fit le Petit Prince. Mais après réflexion, il ajouta : Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?

- Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches tu ?

- Je cherche les hommes, di le Petit Prince. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"? .../...

- C'est une chose trop oubliée dit le renard. Cela signifie "créer des liens".

- Créer des liens ?

- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde."


Cet extrait, par sa justesse, se passe de commentaire





Pour John Bowlby qui est l'initiateur des recherches cliniques modernes, l'attachement est un besoin primaire comme d'être nourri, il découle d'aucun autre. Pour s'attacher à un adulte, le bébé développe un ensemble de réactions et comportements afin de s'assurer de la présence, de la proximité et de la disponibilité de la figure maternelle. Cet attachement existe chez tous les primates, mais il est vital pour les humains qui sont les plus démunis à la naissance, les plus longtemps dépendants de soins d'un adulte. Cependant l'attachement, loin de n'être qu'une dépendance, est un moyen pour l'enfant de développer une sécurité qui le mènera vers la possibilité d'explorer autour de lui puis vers l'autonomie. La psychanalyse moderne est devenue ainsi, surtout dans les pays anglosaxons, une branche de la psychiatrie.

Les questionnaires qui se basent sur l'attachement sont devenus des outils en vue de prévoir le développement émotionnel des individus. Avec Mary Ainsworth (A Strange Situation) et Mary Main (AAI - Adult Attachment Interview), un nouvel élan a été donné pour la recherche clinique en psychanalyse.

René Zazzo note dans le colloque épistolaire sur l’attachement qu’il a dirigé en 1979, que le mot "attachement" c’est à la fois l’idée de "lien", comme en parle Konrad Lorenz, et le "sentiment d’affection", propos de Harry Harlow.[1]

 

4 schèmes d’attachement

  • sûr : l’enfant a confiance, il sait que son parent est disponible et va lui répondre quand il sera en danger.
  • angoissé, ambivalent : l’enfant n’est pas certain que son parent sera disponible et lui répondra s’il fait appel à lui. L’enfant est sujet à l’angoisse de séparation, il s’accroche à sa mère, se montre angoissé pour explorer le monde.
  • angoissé évitant : l’enfant n’a aucune confiance dans les réponses que sa mère lui fera ; il s’attend à être repoussé lorsqu’il cherche auprès d’elle réconfort et protection. L’enfant tente alors de vivre sa vie sans soutien de la part des autres.
  • désorganisé : l’enfant semble perdu produisant un comportement désorganisé dans le test de "Strange Situation". Il est susceptible alors de développer une personnalité très difficile à gérer.

 

Hormone

Sur des bases indépendantes de cette théorie, des recherches tendent à relier le mécanisme d'attachement à l'effet d'une hormone : l'ocytocine. Pour que les récepteurs d’ocytocine se mettent en place dans le cerveau, il faut que le lien mère-enfant ait été satisfaisant. (extrait wikipedia)


(On sait maintenant que le sourire s'ébauche dès les premières heures de la vie, entre la troisième et la quinzième heure, selon les enfants, qu'il ne concerne alors que les muscles de la bouche (nous revenons à l'oralité peut être) et que dans les jours suivants, la morphologie du sourire s'élargit, gagne les yeux, différents stimuli provoquent alors automatiquement le sourire, la voix à une certaine hauteur de ton qui correspond au registre féminin, puis des stimuli visuels comme le visage, les yeux. Il ne s'agit pas encore d'une réaction à une personne. L'Enfant n'a pas encore construit un tel Objet. On le stimule avec différentes sources sonores, de différentes hauteurs, voix enregistrées, sonnettes... etc. On voit à quoi il réagit, à quoi il ne réagit pas. On utilise aussi des leurres et on constate que l'Enfant à partir d'un certain âge réagit à la forme du visage. Il fixe d'abord la ligne des cheveux et puis à un certain âge, c'est le mouvement des yeux qui déclenche à coup sur le sourire. Les mécanismes seraient donc innés, le sourire appartient à l'homme et d'ailleurs différentes recherches ont montré que chez l'enfant aveugle le sourire jusqu'à un certain âge se développe comme chez l'enfant voyant. On sait également que dès l'âge de trois mois la réaction sourire à l'étranger n'est pas la même en fréquence et en intensité que celle à la Mère ou à une personne familière. Entre cinq et quinze semaines, il est impossible de distinguer une différence entre le sourire à la Mère et le sourire à une personne étrangère, alors qu'à partir de quinze semaines la différence est incontestable.)




 

Par Aurore A. - Publié dans : l'Amour
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Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 14:46
L’idéal du moi est issu de la convergence entre le narcissisme et l’identification parentale, différencié par certains auteurs du moi idéal, le définissant comme un idéal de la toute puissance narcissique.

C’est en 1914 qu’apparaît la notion d’idéal du moi chez Freud, comme une formation intra psychique autonome, servant de référence au moi. Freud écrit « ce qu’il projette devant lui comme son idéal est le substitut du narcissisme perdu de son enfance, en ce temps là, il était lui-même son propre idéal ». Cet état serait abandonné face à la réalité et à la relation d’objets notamment vis-à-vis des critiques parentales. Laplanche et Pontalis soulignent que cette instance psychique particulière est une instance d’auto observation et de censure (Freud lie étroitement dans les textes cette notion à celle du surmoi).

Freud souligne sa fonction dans la fascination amoureuse, la dépendance et la soumission au leader. La distinction idéal du moi et surmoi réapparaît dans sa recherche de différenciation de la culpabilité et du sentiment d’infériorité : deux sentiment en rapport avec la tension moi/surmoi, mais le premier est du à la conscience morale et le second avec l’idéal du moi (aimé plus que redouté comme le surmoi).

Laplanche et Pontalis souligne la distinction franche entre surmoi et idéal du moi faite par Nunberg. Les motivations d’obéissance du moi différent « alors que le moi obéit au surmoi par peur de la punition, il se soumet à l’idéal du moi par amour ». Leur formation serait également différentes, l’idéal du moi formé par les objets aimés et le surmoi par les personnages redoutés. La distinction n’est pas aisée, Freud souligne l’intrication des deux instances. Lagache lui désigne un système surmoi-idéal du moi « le surmoi correspond à l’autorité et l’idéal du moi à la façon dont le sujet doit se comporter pour répondre à l’attente de l’autorité ».

Freud ne distingue idéal du moi et moi idéal, certains auteurs distingueront les deux concepts. Nunberg, fait du moi idéal une formation antérieure au surmoi. « Le moi encore inorganisé, qui se sent uni au ça, correspond à une condition idéale ». Au cours de son évolution, l’enfant laissera derrière lui cet idéal narcissique et aspirera à y retourner comme un paradis perdu (très présent dans les psychoses). Lagache se distingue de Nunberg, il écrit « Le moi idéal conçu comme un idéal narcissique de toute puissance ne se réduit pas à l’union du moi et du ça, mais comme une identification primaire à un autre être, investit de la toute puissance, c'est-à-dire la mère », « le moi idéal est encore révélé par des admirations passionnées pour de grands personnages de l’histoire ou de la vie contemporaine »
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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /2008 14:48
L’issue névrotique du complexe de castration se divise en deux groupes pour Freud : - l’intense envie de s’arroger le rôle masculin, le fantasme de possession du pénis - le refus inconscient du rôle féminin, souhaits refoulés de tirer vengeance de l’homme plus favorisé Elles ne s’excluent pas et sont complémentaire, malgré un trait prédominant du type d’accomplissement de désir, ou bien de vengeance. De nombreux psychanalystes de l’époque, on écrit sur leurs études de patientes névrosés : tendances homosexuelles, féminité refoulé, frigidité, déplacement de la zone érogène génitale « normale » pour d’autres zones comme l’anus, la bouche, l’urètre, lutte incessante pour surpasser l’homme, refus du rôle féminin etc.

Freud écrit que la petite fille n’a pas conscience de son vagin, et investit son clitoris comme zone érogène à l’image d’un petit pénis. Il est vrai que de nombreux enfants ignorent la morphologie génitale féminine de part son anatomie interne. Ils croient souvent que les enfants naissent par le nombril ou l’anus, si ce n’est pas par d’autres croyances inoculés par les parents : cigogne, chou, rose etc.

Pour ma part, j’ai longtemps cru dans ma toute petite enfance, que nous naissions par le nombril. Demandant à ma mère ce que représentait ce « nœud » sur son ventre, elle m’expliqua le cordon ombilical de manière succincte : le bébé était attaché à la mère par le cordon, dans le ventre, ce qui lui permettait de le nourrir. J’interpréta la naissance mais aussi ‘la fabrication du bébé’ par ce trou, et que moi-même possédant ce nœud, j’aurais des enfants par là. Cette explication ne me satisfaisant guère en grandissant, je me tourna vers les livres, vers les fameuses « encyclopédie Larousse » rouges, et découvrit les planches anatomiques des deux sexes. Je devais savoir lire et être en CP, car le lendemain, je dis à mon meilleur ami que les hommes avait un pénis et les filles un vagin. Je me souviens que celui-ci l’avait clamait haut et fort à tout le monde à la récréation, et m’être fait punir par la maîtresse, pour avoir dit cela. De nombreuses psychanalystes femmes comme Klein, Horney ou Muller sont sceptiques face à cette méconnaissance. Karen Horney à travers ses analyses d’enfants.

Mélanie Klein, relève le manque de recherche propre à la psychologie, de la femme. Il est vrai que les investigations ont surtout concerné l’homme au départ, la société psychanalytique est composé essentiellement d’hommes. Ceux-ci ont appliqué leur recherche sur le garçon (au départ, le complexe de castration était désigné comme la cause déterminante des névroses), à la fillette.

La petite fille s’identifie au père grâce au pénis introjecté (fantasme sadique oral), sa position féminine lui fait craindre le « mauvais » pénis paternel intériorisé. Ceci déclenche le mécanisme de défense d’identification à l’objet de l’angoisse, et donc renforce l’identification au père. La haine envers la mère est accrue. Sa culpabilité envers la mère (face à ses sentiments de destruction) lui fait désirer un pénis ‘réparateur’ pour dédommager la mère du pénis paternel qu’elle lui a enlevé, un pénis réparateur pour apaiser la mère et effacer le mal fait. (Pour Joan rivière, l’orientation homosexuelle ou hétérosexuelle dépend du degré de sadisme et de la tolérance à l’angoisse).

« Les diverses activités de l’individu, ses sublimations, ainsi que le cour et l’issue de son développement sexuel dépendront pour une large part de la nature et de l’importance ses fantasmes de réparation, qui doivent correspondre aux destructions imaginaires dont il est l’auteur.»

La petite fille choisis de rétablir l’intégrité de ses parents, ses fantasmes se modifient, le pénis et le vagin cesse d’être dangereux et hostile, cette image de « bon pénis » et « bon sein » lui permettra de s’épanouir dans sa sexualité, et qu’elle acquière ses capacités de tendresse et d’amour objectal. M. K observe en analyse, que ses patientes améliorent leur position libidinale grâce à une baisse de l’angoisse et la culpabilité, se qui détermine de nouveaux compromis : le stade génital s’affermit, elle est capable de rendre à sa mère sa fonction féminine et maternelle ainsi d’accepter un rôle semblable pour elle-même et de sublimer ses éléments masculins.

« Par l’interaction des mécanismes de projection et d’introjection, les facteurs extérieurs participent aussi bien à la formation du surmoi qu’à la maturation des instincts et des relations objectales ».
le rapport au père et l’interprétation de rôle et de son rapport aux femmes par exemple est important : si la fillette ne peut mettre de contrepoids au « mauvais pénis », elle pourra s’installer dans une attitude masochiste jusqu’à être incapable d’aimer sauf un « père sadique » ( couple sado-masochiste), ou bien un père source de trop grande angoisse, pourrait faire de la fillette une femme frigide ou qui abandonne son rôle féminin. Elle observe que le choix amoureux de la femme ne dépend pas uniquement de son rapport entre la fillette et le père, mais aussi du rapport du père avec la mère et ses autres filles.

Il est important aussi que l’enfant, dans ses premières années est connu un personne ‘secourable’ autre que les parents : une tante, une sœur, une grand-mère, un oncle etc., susceptibles de lui apporter le soutien de la réalité contre ces fantasmes ; car soit à cause de son angoisse trop intense, ou bien face à des conditions réelles difficiles, l’enfant est incapable de mettre en place de ‘bons imagos parentaux’, la tierce personne permettra de remplacer cette déficience.
Par Aurore A. - Publié dans : l'Amour
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Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /2008 19:58
La sexualité à travers le temps

La sexualité s'est modifiée, a évolué et a énormément changé au cours des siècles derniers. Sachant qu'elle a toujours existé, la curiosité nous amène à nous interroger sur la sexualité d'autrefois. Voici donc un dossier en trois chroniques sur la sexualité de la préhistoire à aujourd'hui. Voyons d'abord l'époque de la préhistoire et de l'antiquité.

La préhistoire

C'est majoritairement dans l'art que les anthropologues tirent leurs conclusions concernant la sexualité dans l'histoire. Au premier tier de l'époque préhistorique, l'érotisme et les scènes sexuelles y sont quasi inexistantes. Aucune scène d'accouplement humain n'est démontré dans tout l'art de l'époque mais l'activité sexuelle s'exprime quand même sous différentes formes tel le baiser, le contact oro-génital et la masturbation. Ce n'est qu'au deuxième tier de la préhistoire que certaines scènes de coït sont représentés; la plupart étant de la position de la levrette (homme derrière la femme). Il semblerait qu'à cette époque, les hommes n'avaient aucune conscience de leur rôle dans la reproduction. Ils savaient que les femmes vierges ne pouvaient avoir d'enfants mais ils n'avaient aucune idée de l'importance de leurs spermatozoïdes. Les enfants étaient sans doute le résultat d'un esprit divin et le sperme, un nutriment pour le foetus. Depuis la préhistoire, quelques modifications naturelles se sont effectuées chez la femme. Entre autre, elle a perdu l'état hormonal de réceptivité sexuelle appelé l' « Oestrus » qui est commun à tous les mammifères. En effet, lors de cette période ovulatoire, l'homme restait à la « maison » pour s'occuper de sa femme et ainsi, lors de ses règles, il en profitait pour aller chasser. Il semblerait même que la femme avait un certain contrôle des naissances puisqu'il lui arrivait de faire croire à son homme qu'elle avait ses règles au moment où elle sentait sa période d'Oestrus. De cette façon, elle s'assurait de ne pas avoir trop de bouches à nourrir.

L'antiquité

 Il semblerait qu'à l'antiquité plusieurs interdits étaient observés concernant la sexualité. La société gréco-romaine était très répressive et à Rome, il était interdit de faire l'amour pendant la journée ou sous un éclairage quelquonque avec une femme entièrement nue. Par contre, le recours à la prostitution était fréquent. Dans tous les milieux, il existait des maisons closes pour les prostitués et puisque les rois pouvaient les accueillir dans leur demeure, c'étaient les esclaves qui se présentaient dans ce genre d'établissement. À Rome, la prostitution était devenue un métier en soi. Les prostitués devaient se vêtir de manière reconnaissable (perruque blonde par exemple) et déclarer leur salaire. L'homosexualité, très bien vue à l'époque, était aussi présente. La passion entourant cette relation faisait l'envie de plusieurs et il n'était pas rare de voir un homme d'âge mûr avec un jeune pubère. Cependant, dans ce genre de relaton, il fallait absolument que ce dernier soit considéré comme l'objet sexuel et que l'homme plus âgé soit le seul à ressentir du plaisir. Le couple hétérosexuel est tout de même une référence dans l'Antiquité. En Grèce, il existe un grand écart d'âge entre la jeune mariée et son époux. Le philosophe Aristote conseillait vingt ans de différence entre les deux partenaires, ce qui faisait en sorte que les jeunes filles se mariaient très tôt soit vers dix ou douze ans. Malheureusement, ces jeunes filles devenaient enceinte à très bas âge et leur souffrance durant l'accouchement entraînait souvent la mort de celle-ci. Dans la Rome antique, toute sexualité entre un homme et une femme non mariés est interdite. Par contre, tout est permis avec un esclave ou une prostituée. Dans l'antiquité, on ne parle pas de contraception mais il semblerait qu'après la relation sexuelle, la femme se levait très vite et allait se laver. Elles pouvaient aussi s'insérer une sorte d'anneau dans les organes génitaux et il arrivait qu'elles absorbent des potions pouvant servir à empêcher la grossesse.

À l'époque du Moyen-Âge

C'est à cette époque que le christianisme fait son apparition. Dans la première partie du Moyen-Âge, les prêtres avaient le droit de se marier et personne n'était brimé dans sa sexualité. C'est à partir de la deuxième partie que la religion avait désormais le dernier mot sur l'amour conjugal et progressivement, le clivage entre les prêtres et le reste de la société se mettait en place. L'Église interdit au clergé d'avoir des relations sexuelles et par conséquent, les prêtes ont alors imposé leurs restrictions. Le peuple se devait d'avoir des relations sexuelles que pour une seule et unique raison : procréer. L'homosexualité était donc considéré comme une maladie et une perversion. Les prêtres, quant à eux, étaient considérés comme supérieurs et ayant fait leurs voux de chasteté, ils avaient pour seul mandat de répandre la religion dans la société.

Plusieurs interdictions étaient imposées aux couples mariés. Entre autre, l'Église demandait aux hommes et aux femmes de ne pas avoir de relations sexuelles le dimanche, le mercredi et le vendredi, pendant la période du carême de Pâques (40 jours avant la fête sainte), de Noël,de la Pantecôte et pendant les jours de fête des Saints. Il fallait aussi éviter tout contact sexuel pendant les règles de la femme, durant sa grossesse et pendant l'allaitement pour éviter de corrompre le lait et de contaminer le bébé. De plus, l'homme ne devait démontrer aucune passion envers sa femme car au Moyen-Âge « rien n'est plus infâme que d'aimer une épouse comme une maîtresse ». On disait que l'amour n'avait pas sa place dans le mariage puisque cette relation formelle n'était destinée que pour la procréation. L'adultère était interdit par le clergé, surtout si cet acte était commis avec une femme juive ou païenne. Si un bébé naissait de cette union, l'homme se devait d'abandonner complètement la femme ainsi que l'enfant.

À l'époque du Moyen-Âge, l'interdiction d'avoir des relations sexuelles dans un autre but que de procréer entraînait aussi une lourde condamnation à l'homme qui utilisait une partie du corps de sa femme pour autre chose que sa fonction principale. Ainsi, la pénétration anale et la fellation étaient entièrement proscrites. La masturbation était également condamnée puisqu'elle faisait signe de plaisir et non de procréation. Lors de la relation sexuelle, la femme n'avait pas le droit d'être sur l'homme et la position de la levrette (homme derrière la femme) n'était pas accepté par l'Église. Si le couple décidait de ne pas se plier aux exigences de celle-ci, il risquait d'avoir des enfants infirmes, lépreux et monstrueux !

Les temps modernes

L'époque moderne est la période historique débutant en 1492 avec la chute de l'empire romain et se terminant en 1792 avec la révolution française. À cette époque, le mariage était toujours aussi important et la seule raison valable de divorce s'avérait être l'impuissance du mari. En effet, afin de pouvoir garder sa femme, le conjoint devait prouver publiquement qu'il était en mesure d'accomplir son « devoir conjugal ». Devant témoins, il se devait d'avoir une érection ainsi qu'une éjaculation et, si jamais le doute persistait toujours, il était dans l'obligation d'accomplir intégralement l'acte sexuelle. Cette procédure fût abolie en 1677 à la grande satisfaction du peuple qui criait au scandale.

Tout comme au Moyen-Âge, l'époque moderne misait sur la procréation plutôt que sur le plaisir. « La procréation des enfants est la première et la principale fin du mariage » disait le catholique François de Sales en 1608. De plus, étant donné que la chasteté et la pudeur étaient préconisés, tout baigneur devait garder sa chemise car la nudité était interdite. C'est alors que des feuilles de vignes étaient placées sur les modèles nus de la Renaissance et que la prostitution devenait défendue. Dans de nombreuses villes les bordels se fermaient graduellement et c'est à partir de 1635 que les prostituées subissaient la flagellation et le banissement.

À cette époque, la vision du couple change légèrement. L'âge de se marier est retardé à 25 ans et les amoureux qui s'adonnaient à des jeux sexuels avant leur mariage risquaient l'excommunion. Le mariage tardif a aussi entraîné un certain choc démographique et on remarquait une diminution du taux de natalité. Même si l'Église l'interdisait, les couples utilisaient le coït interrompu comme moyen de contraception afin de garder un certain plaisir charnel tout en contrôlant le nombre de bouches à nourrir.

À venir, la conclusion du dossier de la sexualité à travers le temps ! La fins des tabous à l'Époque Contemporaine et l'émergence de l'éducation sexuelle dans la sexualité d'aujourd'hui !

L'Époque contemporaine

À cette époque, on s'approche tranquillement de la fin des tabous. Le baiser sur la bouche est maintenant toléré et témoigne même de la solidité du couple. Certains documents commencent à témoigner du plaisir de la chair et de la sexualité. Par contre, la masturbation (onanisme) demeure un geste proscrit car on croyait qu'elle entraînait une multitude de conséquences physiques. E n 1760, Tissot publie Onanisme ou dissertation physique sur les maladies produites par la masturbation  où il décrit que la femme pourrait avoir des vapeurs hystériques affreuses, des crampes menstruelles insupportables et une jaunisse incurable. Les hommes ne s'en sortaient pas non plus, ils risquaient de devenir stupides et de perdre toutes leurs forces. L'Église encourage donc le peuple, surtout les jeunes célibataires, à se confesser s'être masturbés.

À l'Époque contemporaine, il existe toujours quelques bordels mais malheureusement la syphilis fait son apparition et elle crée une véritable hantise au sein de la population. Afin de limiter la propagation, les États européens imposent un examen médical à toutes les prostituées mais cette nouvelle loi est plutôt mal gérée et la syphilis continue de faire des ravages.

En 1855 le Docteur Roubaud rédige le Traité de l'impuissance et de la stérilité chez l'homme et chez la femme et mentionne que l'acte sexuel ne peut être complet s'il n'y a pas eu orgasme. Pour la première fois, on assiste à la description de l'orgasme dans les moindres détails. Puis, en 1882, le pionnier de l'étude de la sexologie, Richard von Krafft-Ebing, publie Psychopathia Sexualis . Ce document sur les perversions sexuelles est un ouvrage de référence pour tous les médecins légistes de l'époque. Pour Krafft-Ebing, l'homosexualité est en fait une anomalie lors du développement du cerveau chez le fotus. De plus, il croit que les femmes sont essentiellement passives et le viol, quoi que répréhensible, n'est pas une déviance puisqu'il peut provoquer une grossesse.

La sexualité d'aujourd'hui

Après la deuxième guerre mondiale, la sexologie mérite une place de choix dans les études de sciences humaines. Cette reconnaissance est dû au sexologue reconnu Alfred Kinsey qui a publié en 1948 Le comportement sexuel de l'homme. Il fait alors la description exhaustive d'une sexualité alors insoupçonnée : les relations avant le mariage, l'adultère, la masturbation, l'homosexualité et la bisexualité. Il a d'ailleurs établie une échelle qui a permis de constater que l'homosexualité et l'hétérosexualité ne sont pas deux orientations sexuelles exclusives mais plutôt les pôles d'un même contimuum de l'orientation (de 0 - Exclusivement hétérosxuel(le) à 6 - Exclusivement homosexuel(le) ). En 1957, Masters et Johnson font équipe dans la plus grande analyse de la réponse sexuelle. En interrogeant des miliers de personnes sur leur sexualité, ils découvrent un point commun: les quatre phases constituant le cycle sexuel (Phase d'excitation - Phase en plateau - Orgasme - Résolution).

À la fin des années 1960 et au début des années 1970, on assiste à une révolution sexuelle qui se traduit par des changements importants au niveau des mours sexuelles en Occident. L'égalité des sexes fait partie des fondements principaux du mouvement. Les progrès de la science entraînent des découvertes étonnantes concernant la contraception et les traitements des infections transmises sexuellement. En 1941, on découvre un antibiotique contre la syphilis et au début des années 50, la pillule contraceptive fait son entrée dans la vie des femmes qui veulent avoir le plein contrôle de leur sexualité. Ces dernières acquièrent donc des droits fondamentaux tels que le droit de vote, l'égalité au sein du couple, le droit à la contraception et le droit à l'avortement.

Au Québec, en mars 1971, la création du Front de Libération Homosexuel voit le jour. C'est le premier regroupement gai du Canada mais dû à une trop grande répression policière, le FLH ne dure qu'une année. Ce n'est qu'en 1977 que le ministre de la justice Marc-André Bédard présente un amendement avant-gardiste à la Chartes des droits et libertés. Il interdit alors toute forme de discrimination concernant l'orientation sexuelle.

En 1981, les premiers cas de SIDA sont découverts à Los Angeles, San Francisco et New York. Depuis, cette maladie s'est transformé en pandémie et de 1981 à 2006, 25 millions décès ont été constatés.

En 1998, le Viagra est commercialisé et permet aux hommes souffrant de dysfonctions érectiles de connaître une vie sexuelle satisfaisante.

De nos jours, la sexualité est complexe. Malgré tous les efforts des siècles passés, on recherche la « normalité », de peur d'être jugés ou mis à l'écart. Combien de fois par semaine dois-je faire l'amour ? Combien de partenaires dois-je avoir pour ne pas me faire pointer du doigt ? Dois-je être vaginale ou clitoridienne ? Combien de temps doit durer une relation sexuelle ? . La normalité est propre à chacun. Aujourd'hui nous avons les outils nécessaires pour avoir une sexualité épanouie et une bonne santé sexuelle, voilà une des joies de pouvoir la vivre au 21 ème siècle...


source : V. Larivière sexologue



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