Rêves

Lundi 22 décembre 2008

Je ne me rappelle que de bribes, mais j’ai trouvé le rêve intéressant pour l’exposer toute de même.

 

« J’habite sur une colline qui surplombe la maison de ma grand-mère maternelle. Quelqu’un doit aller la chercher mais je sais que la personne ment pour s’introduire chez elle, cette personne dit être une petite cousine, mais je sais que c’est un imposteur. Je suis chez moi et pleins de gens sont là. Je dois vite trouver du papier pour écrire les détails d’un meurtre. On m’envoi sur la scène du crime est j’y trouve ma tante décédée. Le corps est sur le dos, et je dois compter le tour du visage pour comprendre la mort. Munie d’une règle je compte en centimètre le tour du visage, en partant du menton. Je fais des petits traits à chaque centimètre, et compte 65cm. Mais je sais que je me suis peut être tromper, à 2-3 centimètres près. Je cours vite chercher du papier pour noter mes observations, mais reviens à chaque fois avec un papier déjà utilisé. Je reproduis ce va et vient avec le papier inutilisable 4 – 5 fois. Agacée, je vais dans une pièce où je retrouve tous mes classeurs d’écoles, il y en a des 10ènes. Je cherche fiévreusement des pages vierges, mais n’en trouve pas, une amie (d’enfance) viens m’aider et me dis «  tu n’as pas des vieilles copies notées ? », je ne lui répond pas, et cherche une bonne note, je ne veux pas qu’elle voit une mauvaise note, je feuillette en cachant le classeur.  Ma grand-mère arrive chez moi avec la soi disant cousine, et je sais que c’est dangereux de sortir de sa maison, pour son cœur, suite à ma demande sur sa forme, elle me dit qu’elle est fatiguée. J’essaie vite de trouver la clé de ma voiture pour la ramener mais ne tombe que sur des trousseaux de clé inconnus, à tous les coins de la maison.

 

Je me retrouve sur une route avec un muret. Je grimpe sur le mur et me plante dans le bras une branche qui pénètre assez profondément dans ma chair, ainsi que des épines de ronces. Je tire le bras mais n’arrive pas à déloger la branche. Un homme qui habite dans une caravane juste à côté vient m’aider mais il appelle les urgences car je dois vite être hospitalisée car la branche donne une grave maladie. Il me dit que je vais devoir être perfusé puis prendre des cachets toute ma vie. Il m’emmène dans une pièce et il y a des 100ènes  d’abeilles de deux sortes. Je me débats car elles m’attaquent et lui dit que je ne pourrais pas rester là.

 

Je me retrouve à Noël avec ma famille réunie, des deux côtés, malgré le divorce de mes parents. Je prépare un spectacle ou je tourne à la manière des patineurs artistique, de plus en plus vite, je commence droite, la jambe tendu et fini accroupi, tournant à une vitesse folle. Ma sœur m’applaudit et me dit que je suis extraordinaire. Je dis à mon ami de me donner les cadeaux que nous avons préparés pour noël, et je les distribue. Je m’aperçois que j’ai oublié ma grand-mère paternelle et mon père. Je prends un cadeau fait à ma mère et le donne a mon père, mais je m’aperçois que ma mère n’en a pas assez, et le reprend alors à mon père. Je vais voir mon ami et lui dis qu’il doit y avoir un autre sac, car ce n’est pas possible que j’aie oublié ainsi de faire des cadeaux à mon père et ma grand-mère »

 

‘Ma maison surplombe celle de ma grand-mère’, en réalité et géographiquement, l’endroit ou je suis sensée habiter dans le rêve est le même endroit ou se situe le cimetière du village, où est enterré ma grand-mère. Je culpabilise de n’avoir jamais fait l’effort de la connaître mieux, et de ne jamais l’avoir aimé comme mon autre grand-mère. Cette période de fête doit me faire ressurgir les vieux souvenirs familiaux.  Ma tante décédée, l’est en vrai, c’est la grande sœur à ma mère. Son décès m’avait bouleversé il y a de cela quelques années, et en me projetant dans la peau de mes cousins, avait projeté le décès de ma propre mère. Ceci me paraissait intolérable psychiquement. J’ai vu cette tante quelques temps avant sa mort, elle était très triste, je m’en suis toujours voulu de ne pas avoir réussi à la réconforter ou trouver simplement les mots justes, je me rappelle ne lui avoir dit que des choses banales et stupides. Elle est partie sans que je ne puisse lui dire qu’elle avait beaucoup compté pour moi, dans mon enfance. Tout ceci doit être ravivé par le départ de ma mère, qui part définitivement vivre au Canada. J’ai peur qu’elle se trompe, elle part rejoindre l’homme qu’elle aime, mais que nous ne connaissons pas encore. Celui doit sûrement être représenté par la femme ‘imposteur’, d’ailleurs, se sont les clés de la voiture de ma mère que je cherche, dans le rêve. Après mon père, elle a souvent fait de mauvais choix en amour, prenant toujours le même type d’homme (à l’image de son père) : jaloux, à tendance violente sans pour autant passer à l’acte, dominant et tourmenté. Je suppose que la personne qu’elle rejoint est identique aux autres, et m’inquiète de ce qui pourrait lui arriver, si elle a moins de chance que les fois précédentes. 

 

Le début est très marqué par la mort, peut être que j’associe son départ à la mort. Bébé, ma grand-mère m’a raconté que dès qu’elle partait, j’étais inconsolable et fixait la porte d’entrée pendant très longtemps. Cette période est celle de l’oralité, anobjectale où je devais vivre ses départs comme un abandon puis une disparition définitive. Jusqu’à mes 10 ans au moins, j’avais du mal à m’en séparer, croyant toujours qu’elle allait disparaître, mourir ou attraper une grave maladie.

 

Le fait que je mesure le tour du visage de ma tante et trouve le chiffre 65 doit avoir une signification qui m’échappe. Je tourne les chiffres : 56 ou 5 et 6...  Peut être arriverais-je à interpréter ceci ultérieurement car je pense que c’est important, vu la résistance.

Le papier que je cherche et la répétition de l’erreur désigne un acte répété : l’erreur que ma mère a toujours reproduit avec les hommes ? Ou bien la mienne, de m’enfuir dès que ma peur d’échouer moi aussi dans mon couple me saisit.

 

Tout les cours d’écoles font référence à mon questionnement actuel. J’ai toujours réussi à mes examens sans vraiment travailler. Ce type de fonctionnement de facilité, qui m’a toujours réussi me parait impensable dans ma formation actuelle. J’ai l’impression que pour pouvoir traiter des patients, il faut que je connaisse tout sur le bout des doigts, je m’inquiète sur le fait que, souvent, j’ai appris beaucoup de leçons, réussi l’examen mais des années après, je ne me rappelle plus des cours, ce qui est normal. Mais je me dis que le thérapeute n’a pas le droit d’oublier, comme le médecin qui ne peut oublier son savoir pour soigner ses malades. Pour la première fois de ma vie, je me questionne sur ma capacité face à un savoir ou une épreuve. Je m’inquiète de ne pas avoir la capacité de voir une maladie grave chez un patient et de gâcher sa vie ou pire encore. Approchant de la fin de mon cursus, je pense que cette remise en question est saine. Mon analyse m’a fait grandir, j’ai la capacité de me remettre en question aujourd’hui, chose qui n’existait pas chez moi avant, la faiblesse m’étant insupportable.

 

La deuxième partie du rêve, représente certainement la pénétration. La branche pénètre ma chair, alors que je monte sur un mur. Monter sur mur me fait penser à une fois où je n’avais pas le droit de monter et marcher sur le mur de la cour, Je l’ai fait quand même et suis tombé dans un buisson de ronces. J’ai beaucoup souffert, j’étais égratigné partout et avait des épines plantées. A la même époque, je m’amusais avec ma sœur et ma cousine, un dimanche après midi,  je pars uriner dans un champ de blé voisin pour ne pas perdre de temps. Je reviens jouer et suis prise de douleur au bas ventre. Je le dis à ma sœur qui devait avoir 9-10 ans, j’étais alors âgée de 4 ou 5 ans, elle m’accompagne avec ma cousine dans la salle de bain et me dis de regarder mes organes génitaux. Le souvenir est flou, j’ai refoulé des parties de la scène. Dans tout les cas, en allant « faire pipi », je me suis enfoncée, en me baissant une brindille de blé dans ma partie intime. Je l’ai montré à ma sœur, qui m’a demandé si cela faisait mal en rigolant avec ma cousine. J’ai dit oui, et ma sœur a dit à ma cousine «  un pénis à le bout rond, cela doit faire moins mal ». Je me rappelle ne pas avoir bien compris, mais j’ai éclaté de rire d’après ma sœur,  alors que dans mes souvenirs, je pleurais ! Ce morceau de rêve doit être la reviviscence de ce souvenir. L’affect été déplacé sur la scène avec les abeilles et la peur de la maladie. Le fait même de la brindille qui se plante n’est chargé d’aucun affect dans le rêve, ni dans la réalité. La suite est angoissante et chargée d’éléments négatifs : abeilles, piqûre, hôpital, maladie grave, perfusion. L’angoisse de la scène a été refoulée, l’inconscient qui est intemporel, à rendu conscient à travers le rêve l’angoisse ressenti, et ma grosse inquiétude face à la sexualité à cette époque. J’étais en plein œdipe. Je me suis même demandée si ce n’est pas moi qui avais fait un test avec la brindille, pour voir si j’avais bien une ouverture. Je me rappelle avoir vu l’histoire du vagin mais confondre son rôle avec celui de l’anus. Pour l’histoire, ayant vu dans l’encyclopédie la reproduction en schéma, je me rappelle avoir été perplexe devant l’image du sexe féminin (vagin, trompe etc.) et celui de l’homme. Surtout à la vue des ovaires et des testicules. J’ai cru que l’homme détenait les fameux œufs qui deviennent des bébés (testicules) et qu’il les transmettait à la mère par je ne sais où. Je retrouvais donc les œufs de l’homme chez la femme sur l’image des organes génitaux féminin, en le dessin des ovaires, (qui à vrai dire ressemble à des œufs sur les planches anatomiques, autant que les testicules). C’est ainsi que le bébé poussait dans la mère. Le fait qu’il y ait deux œufs, expliquait aussi que nous soyons deux enfants, ma sœur et moi.  Ce qui nous donne une image masculine comme détenant tout : le phallus et les enfants …

 

 

Les cadeaux représentent l’amour. L’amour que je prends à l’un pour redonner à l’autre fait certainement référence à l’œdipe. Ma grand-mère que je considère comme ma deuxième mère est là évidemment. Mon spectacle est mon effort pour plaire aux personnes que j’aime, pour avoir leur amour et admiration. Ma sœur qui me dit  ‘tu es exceptionnelle’ est l’accomplissement d’un désir infantile. Elle pourrait me le dire aujourd’hui, mais ne l’aurais jamais dit dans notre enfance, nos rapports étaient un mélange d’amour, d’agressivité et de jalousie. Le manque de cadeaux m’angoisse énormément dans ce rêve. Leur valeur est surdéterminée. Le cadeau est la condition de l’amour dans ce rêve. Vu qu’il y a mes deux parents, il doit faire référence à la période œdipienne. On voit bien la scène classique «  je donne mon amour à ma mère, puis le reprends et le donne à mon père mais si je le donne a mon père m’a mère ne va plus m’aimer ». Cela me fait penser à une notion qui a longtemps été abstraite pour moi. Nous savons que l’enfant baigne dans la pensée magique, il croit que ses actions engendrent des répercussions sur la réalité et les êtres. Je me suis longtemps questionnée sur la notion d’amour : je me demandait comment on pouvait donner son amour à  une personne, son enfant par exemple, et puis le redonner encore à un autre enfant. Je ne comprenais que l’amour puisse se diviser en deux mais rester aussi fort qu’au départ avant d’être divisé pour chacun des enfants. Donc, je me demandais si mes actions d’aimer et ne pas aimer etc. allaient avoir des répercussions sur mes parents. C’est bien sur la fameuse loi du talion. Je me rappelle clairement cette période, ou mes pensées pouvaient avoir un impact. Les mauvaises pensées me faisaient peur car elles pouvaient peut être faire du mal à la personne ou les rendre malades. Cette pensée magique a été accentuée par mon «  don » de guérir les verrues. J’avais aussi 5 ans lorsque j’ai recopié le guérisseur et que ça a marché sur moi, puis mon entourage. Je pensais des mots dans ma tête et la verrue disparaissait. Je me suis alors dit que les pensées avaient vraiment un impact.

 

 

    

 

 

 

 

Par Aurore A.
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Jeudi 18 décembre 2008

«  Je dois partir au ski, tout le monde m’attends et je cherche mes affaires partout, au dernier moment comme d’habitude. Je suis chez moi mais il y a plein de monde, il y a pleins de pièces avec pleins d’armoires partout. Petit à petit, je trouve mes affaires, mes gants dans une armoire, le blouson dans une autre, tout est dispersé. Je pars enfin, je suis avec ma classe d’école, nous sommes dans un grand bâtiment ou nous partageons les chambres. Mais je me rends compte que j’ai oublié tous mes produits de beauté, brosse a dents etc, je dois tout racheter. Je suis avec un garçon dans la chambre qui demande à changer pour aller avec une autre fille. Je suis très affectée et blessée, et deux autres filles viennent alors partager cette chambre. Ma mère et ma petit sœur arrive et me demande s’y elle peuvent partager ma chambre, je dis oui et explique aux autres qu’elles doivent partir. Elles ne sont pas contentes et me disputent. Je vais prendre une douche et ne contrôle plus le pommeau, j’arrose tout la pièce et met de l’eau partout. Ensuite je dois aller chercher mes chats (mon animal-totem), car je me rend compte que je les ai laissé chez moi, et que la personne qui doit s’en occuper n’en ai pas capable. Je me fais livrer mon chat au ski, dans sa cage. Je dois lui faire une piqûre car il est malade. Je lui plante une seringue dans la vessie et tire dessus, elle se remplit d’urine mais du sang arrive et il ne faut pas. Je recommence pleins de fois et à chaque fois du sang remplit la seringue. Je vois quelqu’un qui a 3 seringues plantées dans le ventre à côté. Je dois arrêter car le chat est faible et manque de s’évanouir, pourtant il faudra que je recommence car sa vie dépend de ses piqûres ».




Avant tout, le rêve est largement imprégné de mes lectures actuelles sur l’oedipe et la castration. Je ne puis dire si, ce n’est qu’un rêve ‘d’assimilation’ : ma mémoire classe et repasse mon travail de la journée, cela m’arrive souvent lorsque j’étudie, la nuit, je fais une synthèse de ce que j’ai appris sous forme d’images ou de scénario ou bien si c’est un rêve avec du contenu latent. Ce qui est sur, c’est que le travail de déplacement, condensation, mon animal totem sont présent. J’ai également utilisé des symboles dit ‘collectif’, c'est-à-dire, non propre à chaque personne  mais connu et reconnu comme symbole commun : la piqûre et l’armoire par exemple.  Si je prend le rêve élément par élément, comme le veut la pratique, je peux observer une référence à l’analité ‘ faire tout au dernier moment et exploser dans une frénésie quand la tâche est limite infaisable, ceci fait référence à la 2eme phase du stade anal, l’expulsion (qui s’oppose à la rétention) fonctionnement qui fait partie réellement de moi puisque depuis petite je repousse tout mes tâches à l’extrême limite afin de jouir non seulement d’une poussée d’adrénaline mais aussi pour me prouver que je suis capable de réussir  ‘au bord du gouffre’. En parlant de gouffre, l’armoire représente la femme et les organes génitaux féminins. C’est dernier jour, j’ai fait beaucoup d’efforts pour me rappeler de cette époque, celle de la castration, je me rappelle vivre le fait d’être une fille comme une faiblesse et admirer mon père qui avec une grosse maison, une grosse voiture et qui ramenait l’argent à la maison. Il ne voulait pas que ma mère travaille pour qu’elle s’occupe de nous et de la maison. Je voyais mon père comme un être surpuissant et peu accessible sauf à travers le sport que nous faisions ensemble. Je me rappelle d’un jour, ou j’ai aperçu mon père nu dans la baignoire, j’ai été surprise mais très surprise de voir son pénis qui m’a paru énorme. Je me rappelle m’être demandé ce que c’était, et les vraiment vécu comme une castration. J’ai vu de mes propres yeux la différence entre moi et lui, les garçons avaient vraiment quelque chose de plus que nous, pauvres filles. Les piqûres représentent le pénis, symboliquement. Le fait que j’en retire du sang et de l’urine, semble être un mélange de substances indistinctes à cet âge, le fait qu’au départ il y a de l’urine peut être l’accomplissement du désir d’avoir un pénis et de « faire pipi » comme un garçon mais cet accomplissement est avorté par la castration, le retour à la réalisation impossible symbolisé par l’arrivée du sang. Le pommeau de douche qui arrose partout possède le même sens. L’homme qui abandonne la chambre pour celle d’une autre, symbolise le désir oedipien : la préférence pour la mère et la blessure narcissique. Puis  le renoncement et l’apaisement des pulsions agressives envers la mère. Ou bien une autre interprétation serait l’ambivalence du désir qui caractérise la petite enfance.


l'énigme sans fin de Dali

Par Aurore A.
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Mercredi 10 décembre 2008

Le rêve, cette activité cérébrale incontrôlée à laquelle l'homme passe près de 10 % de sa vie, n'a pas cessé de l'intriguer depuis les temps les plus reculés. Toutefois, l'auréole quasi mystique qui entourait ce phénomène psychique devait le maintenir longtemps hors de toute tentative d'approche expérimentale.

 

Il n'y a guère plus de vingt ans en effet que l'étude du rêve préoccupe les neurophysiologistes. Mais si le sujet avait attendu longtemps, du moins les techniques étaient-elles mûres, ou presque.

 

Nous disposons aujourd'hui d'une théorie biochimique unitaire du cycle veille-sommeil dans lequel s'inscrit le rêve. Elle repose sur des fondements expérimentaux chaque jour mieux étayés. C'est la fonction de l'activité onirique qui préoccupe aujourd'hui les neurophysiologistes du rêve.

 

A soixante ans, un homme a passé près de cinq ans de son existence dans l'univers prodigieusement riche du rêve. Ces cinq années de vie imaginaire se sont écoulées par petites séquences serties au coeur de quinze années de sommeil sans rêve. Ainsi, soixante ans d'existence peuvent-ils se résumer en quarante ans d'activité physique et mentale passés en état d'éveil et vingt ans de sommeil: quarante ans consacrés à la réception et au traitement des informations en provenance du milieu extérieur, à la réalisation de comportements nécessaires à la conservation de l'individu et de l'espèce; vingt ans sans contact conscient avec l'univers ambiant, entrecoupés de plusieurs dizaines de milliers d'épisodes au cours desquels le dormeur assiste ou participe presque paralysé au déroulement du spectacle onirique.

 

Dès l'aube de l'humanité, les dormeurs se sont étonnés du contenu de leurs rêves: comment un homme pouvait-il s'expliquer qu'il était en train de courir ou de voler au cours d'un rêve alors que tous les témoins lui assuraient que son corps endormi reposait immobile ? Jusqu'au XVllle siècle, on admit que le corps matériel subissait la "mort périodique " du sommeil, tandis que l'âme immatérielle lui échappait. Son état d'éveil et d'activité permanente se manifestait alors au cours du rêve, qui devait être un phénomène continu.

 

Avec les débuts du matérialisme, la conception idéaliste selon laquelle l'âme serait responsable de l'activité onirique devait subir un premier assaut expérimental. De nombreuses observations montrèrent que lorsqu'on éveille un dormeur, il se souvient rarement avoir rêvé. Le rêve n'était donc probablement pas un phénomène continu mais bien plutôt un événement épisodique survenant au cours du sommeil. C'est Alfred Maury qui, vers 1850, proposa une première interprétation non métaphysique de l'apparition du rêve. Pour lui, l'activité onirique ne survient que lorsque le sommeil est léger : nous rêvons lorsque nous nous endormons (hallucinations hypnagogique ou au contraire lorsque le sommeil profond est allégé par un bruit, une douleur ou toute autre stimulation interne ou externe. Le sommeil se rapproche alors de l'éveil, ouvrant ainsi la porte au rêve. Pour Maury, le rêve était donc un accident épisodique représenté par une phase de sommeil intermédiaire entre le sommeil profond et l'éveil.

 

Il falllut attendre 1953 et le début travaux d'Eugen Aserinski et de Nathaniel Kleitman pour que l'étude du rêve fasse son entrée dans le domaine de la neurophysiologie. Entre 1954 et 1958, les développements considérables de la polygraphie (enregistrements simultanés de l'activité nerveuse, du tonus musculaire, des mouvements oculaires, des rythmes respiratoire, cardiaque, etc.) devaient permettre à Kleitman, Aserinski et William Dement, à Chicago, de déterminer les frontières du rêve au cours du sommeil nocturne.

 

Les enregistrements continus au cours du sommeil nocturne révélèrent alors une notion nouvelle : l'apparition du rêve n'est pas aléatoire mais périodique. Chez l'homme, il survient environ toutes les 90 minutes au cours du sommeil et dure chaque fois 15 à 20 minutes. Cependant, pour l'école de Chicago, le rêve restait encore un sommeil léger, périodique, intermédiaire entre la veille et le sommeil profond. Il fut ainsi assimilé à la période d'endormissement (stade 1) d'où le nom d "emergent stage one " qui lui fut donné. En fait, c'est l'expérimentation animale qui devait permettre de placer le rêve à sa véritable place dans le cycle veille-sommeil.

 

Dès 1937, Klaue avait ouvert la voie en décrivant, chez le chat porteur d'électrodes chroniquement implantées, le "sommeil léger" avec ondes lentes et le sommeil profond (tiefen Schlaf) avec activité corticale rapide. Ces travaux trop précoces furent oubliés. En 1958, Dement décrivait chez le chat un stade intermédiaire entre l'éveil et le sommeil qu'il nomma "sommeil activé", caractérisé, comme le rêve chez l'homme, par une activité corticale rapide et des mouvements oculaires. A cette époque, avec François Michel, nous étudiions à Lyon des chats dont nous avions enlevé le cortex cérébral; ces "préparations décortiquées", que nous gardions en vie plusieurs semaines, nous permettaient d'explorer l'activité nerveuse sous-corticale au niveau mésencéphale. A notre surprise, cette activité demeurait parfaitement monotone, sans l'habituelle alternance d'ondes lentes et d'activité rapide que l'on enregistre au niveau du cortex. Aussi, afin de disposer de critères objectifs pour déterminer le passage de l'animal de l'état de veille à celui de sommeil, nous décidâmes d'implanter des électrodes permanentes dans les muscles de la nuque, et d'enregistrer également la formation réticulée pontique, qui se trouve juste en dessous du mésencéphale. Au cours d'enregistrements de longue durée, nous eûmes la surprise de voir apparaître régulièrement des périodes de 6 minutes environ au cours desquelles toute activité musculaire dis paraissait. Cette atonie totale était accompagnée d'une activité électrique de "pointes" de haut voltage apparaissant au niveau de la formation réticulée pontique. La polygraphie nous révéla rapidement que l'apparition de cette activité électrique intermittente était liée à celle des mouvements oculaires et que, chez l'animal intact endormi, la disparition totale du tonus musculaire s'accompagnait d'une activité corticale rapide. N'était-il pas paradoxal de trouver des ondes corticales rapides, typiques de l'état d'éveil, associées à un sommeil profond si l'on en jugeait par la relaxation musculaire totale et l'élévation considérable de l'intensité des stimulations nécessaires pour réveiller le dormeur ? Au vu de ces singularités, nous avons proposé d'appeler cet état "phase paradoxale du sommeil" ou "sommeil paradoxal" et de le considérer comme un troisième état de vigilance, aussi différent du sommeil que ce dernier est différent de l'éveil. Comme nous le verrons, la phénoménologie n'est pas seule à suggérer l'existence de trois états de vigilance distincts: éveil, sommeil et rêve. Les données de la neurophysiologie, de la neurochimie, de l'ontogénèse et de la phylogénèse corroborent cette théorie. Elle n'est d'ailleurs pas nouvelle puisqu'elle avait déjà été exprimée il y a deux mille ans dans la mythologie indienne, les Upanishads !

 

Les frontières objectives de trois états de vigilance bien distincts ont pu être délimitées grâce au developpement de la polygraphie chez le chat. Il s'agit de l éveil du sommeil lent et du sommeil paradoxal bientôt assimilé au rêve.


La privation de rêve

On peut supprimer le rêve en éveillant un animal (ou un sujet humain) au début de chaque période de sommeil paradoxal. Une telle méthode instrumentale nous a appris que des privations de longue durée pouvaient être relativement bien supportées. On sait maintenant que les privations instrumentales s'accompagnent de quelques troubles non spécifiques du comportement et, d'autre part, du phénomène de rebond de rêve (c'est-à-dire de l'augmentation transitoire du rêve après sa suppression).

On peut maintenant (et on est amené à le faire dans le traitement de certaines narcolepsies) supprimer sélectivement l'activité onirique pendant des semaines sinon des mois, chez l'homme adulte par des drogues agissant sur le métabolisme des amines cérébrales. Dans certains cas, ces privations ne sont pas suivies de rebond, et aucun trouble important du comportement, de la mémoire, de l'intelligence ou de l'apprentissage n'a encore pu être mis en évidence. Nous avons eu récemment l'occasion d'observer un malade atteint de chorée fibrillaire de Morvan chez qui plus de 100 enregistrements polygraphiques de sommeil nous ont prouvé qu'il ne présentait pas de sommeil paradoxal pendant plus de quatre mois. Chez ce malade, qui présentait en outre une insomnie presque totale, il fut impossible de déceler des troubles de la memoire ou de l'apprentissage. Le seul signe anormal était constitué par des hallucinations spectaculaires interrompant le début de ces nuits sans sommeil. Même s'il est possible que le sommeil joue un rôle favorisant dans la mémoire épigénétique et l'apprentissage, c'est sans doute au niveau de la mémoire de l'espèce, et donc la programmation des instincts qu'il faut rechercher les fonctions du rêve. L'absence de trouble évident et spécifique après privation instrumen tale pharmacologique ou pathologique de quelques semaines ou quelques mois de sommeil paradoxal est une énigme pour la plupart des théories du rêve. En fait, si le rêve constitue le moment privilégié de l'interaction entre les événements épigénétiques et des schèmes génétiquement programmés de comportements instinctuels, il y a peu de chance que des troubles spectaculaires apparaissent chez l'individu adulte. L'homme privé pharmacologiquement de rêve vit souvent en milieu hospItal.ier, et il continue rarement sa vie dans son univers familier. On a tendance alors à mettre sur le compte des drogues ou de l'environ nement hospItal.ier les changements de personnalité (variation de l'agressivité ou de la sexualité) qui surviennent. En fait, dans la vie quotidienne de l'homme moderne, les schèmes génétique ment programmés, dont les éthologistes commencent seulement le recensement, font le plus souvent place à des comportements acquis socio-culturellement.

Par contre, il est fort probable, st évidemment crucial pour cette théorie, que des troubles importants devraient apparaître lorsque la suppression du rêve est provoquée au moment où s'effectue la plus grande partie de la programmation génétique. C'est-à-dire in utero, ou immédiatement dans la période post-natale. Jusqu'à présent, cependant, il a été impossible de faire vivre suffisamment longtemps des ratons privés de rêve par des moyens pharmacologiques ou instrumentaux immédiatement après la naissance. Ainsi le rêve garde encore le secret de ses fonctions et peut-être le gardera-t-il encore longtemps. Un fait est certain cependant : nous ne pourrons pas expliquer de façon satisfaisante le fonctionnement de notre cerveau tant que nous n'aurons pas compris le pourquoi de nos 100 minutes nocturnes de rêve.


source : textes Michel Jouvet



Par Aurore A.
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Mercredi 10 décembre 2008
Ella Freeman Sharpe évalue le rêve don son travail d’analyste (« dream analysis, London, 1949 »). Pour elle, l’interprétation des rêves est la pierre angulaire de la psychanalyse, il constitue un outil important à la compréhension des conflits psychiques inconscients. Le rêve permet à l’analyste de voir si les interprétations faites en séances, corroborent avec la réalité, et de rectifier le tir si nécessaire. Il permet aussi de voir quelques résistances s’opposent au retour à la conscience. Les rêves illustrent les mécanismes déformant de notre appareil psychiques, fait de condensation, déplacement, symbolisation et dramatisation. Elle rappelle à quel point, les rêve de Freud, montrent la valeurs des associations à un rêve permettent la compréhension des conflits émotionnels présents dans une situations présente. A travers les symboles du rêve, un désir accompli pourra dire, par rapport à la vie actuelle, aux conflits actuels, quels mécanismes sont en marche, faisant références à quelles structures psychiques, quels conflits primitifs. L’analyste doit prendre en compte la survit du passé dans le présent, et pourquoi la personne arrive toujours aux mêmes dénouements par exemple. Ceci permet de mesurer dans « quelle mesure les souvenirs refoulés et conflits inconscients du passé peuvent exercer une influence néfaste sur la vie et le comportement présents ».

E.F Sharpe écrit que le rêve avec ses associations, constitue un pont entre le présent et le passé tout comme le transfert de l’analysant sur l’analyste. Dans son livre elle résume les diverses évaluations des rêves :

- le rêve permet de garder le contact avec les problèmes inconscients

- l’accès au contenu latent est réalisable grâce à la libre association des éléments du rêve, tout en ne se laissant pas influencer par le contenu manifeste (l’histoire)

- Le malade peut se servir du rêve en analyste pour séduire son analyste : raconter son rêve peut devenir un gage d’amour

- La sur ou sous estimation du rêve par le patient peut aider à mieux comprendre ses problèmes psychiques et les résistances - Le rêve peut donner la clé de la dramatisation, dans la vie réelle d’une situation traumatisante refoulée

En 1905, freud écrivait : « ( …) à montrer de quelle manière l’interprétation des rêves s’entrelace à l’histoire du traitement, et comme grâce à elle, peuvent se combler les amnésies et s’élucider les symptômes (…) ». Il souligne aussi qu’il serait faux de considérer que le rêve tient une place prépondérante dans toutes les analyses.











le douanier rousseau - le rêve
Par Aurore A.
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Dimanche 7 décembre 2008
la symbolique peut être propre au rêveur mais aussi une symbolique collective : le roi et la reine, les parents, les objets long et aiguës, le membre viril, les boites, caisses, vases, armoires les organes génitaux féminins etc. Freud écrit que le symbole est une comparaison, qui n'est pas effectué à chaque besoin mais faite, une fois pour toute et toujours prête. Il est certain que le décryptage du rêve nécessite l'interprétation du rêveur mais pas toujours, car la symbolique présente est parfois universelle.

Ferenczi écrit " nous ne pouvons considérer comme symboles, dans le sens psychanalytique, que les représentations qui parviennent à la conscience avec un investissement affectif que le logique n'explique ni ne justifie, et dont l'analyse permet d'établir qu'elles doivent cette surcharge affective à une identification inconsciente avec une autre   laquelle appartient en fait ce supplément affectif".  Le travail psychanalytique consiste à chercher les conditions d'apparition des formations des comparaisons. Le symbole est chargé d'une valeur affective.
Sandor Ferenczi écrit, que l'enfant se préoccupe au départ de la satisfaction de ses désirs et pulsions, donc des parties de son corps qui sucitent chez lui plaisir et interet. selon les stades, nous trouvons la bouche, l'anus, les parties génitales. L'attention de l'enfant est retenu par les processus du monde extérieur qui lui rappellent ses expériences chargées d'affects. c'est la relation symbolique ( rapport entre corps humains et monde des objets).  Puis apparait la sexualisation de l'univers, " tout objet oblong est un pénis, ouverture une bouche ou un anus, en tout lisuide, de l'urine, en toute substance molle, des matières fécales".Ces identifications ne sont pas encore des symboles, c'est l'éducation culturelle qui entraine le refoulement  "d'un des termes de l'analogie que l'autre terme gagne en supplément d'importance affective et deivent symbole du terme refoulé".  exemple: pénis = serpent,  perte de dent= castration, chute= castration, boite= organes génitaux féminins etc.

Ferenczi ajoute, qu'"(...)autrefois, on pensait que les choses se confondaient car elles se ressemblaient, aujourd'hui nous savons qu'il y a des raisons déterminées à cette confusion et que la ressemblance n'est que l'occasion qui permet à ces raisons de se manifester".  Il soutient que l’identification est le précurseur du symbolisme, dans l’effort de l’enfant à découvrir dans les objets ses propres organes et fonctions.

Mélanie Klein soutient que le symbolisme constitue la base de toute sublimation et de tout talent, « c’est au moyen de l’assimilation symbolique que les choses, les activités et les intérêts deviennent les thèmes de fantasmes libidinaux ».
L’angoisse née à la phase orale  par la crainte du talion met en marche le processus d’identification. L’enfant souhaitant détruire des objets (pénis, sein..) ressent de la crainte, cette angoisse le pousse à assimiler ces objets à d’autres choses. Par ce jeu d’équivalence, l’enfant est poussé sans cesse à établir de nouvelles équations. Mélanie Klein écrit que le symbolisme n’est donc pas seulement la base du fantasme et de la sublimation mais que c’est sur lui que s’édifie la relation du sujet au monde extérieur et à la réalité. Le développement du Moi dépendrait donc de la faculté du Moi à supporter le poids des angoisses précoces (phase sadique orale), au fur est a mesure de son développement, le Moi établit une relation authentique avec le monde extérieur.

Jones définit le vrai symbolisme inconscient selon divers critères :

 - un symbole représente ce qui a été refoulé de la conscience, le processus de symbolisation est inconscient
- tous les symboles représentent des idées concernant « le soi et les relations parentales immédiates, ainsi que les phénomènes de la naissance, vie et mort »
- un symbole a une signification constante. Plusieurs symboles peuvent représentés la même idée refoulée.
- Le symbolisme apparaît comme le résultat du conflit entre « tendances refoulantes et le refoulé ». Seul ce qui refoulé est symbolisé.

Hanna Ségal considère la formation du symbole comme une activité du Moi cherchant à élaborer les angoisses nées de la relation du Moi avec l’objet : la crainte des mauvais objets et la crainte de perdre les bons objets. La formation des symbole et la façon dont ils sont utilisés reflètent l’état du développement du Moi, Mélanie Klein après son travail le petit Dick autiste ( 1930), parvint à la conclusion que si la symbolisation n’apparaît pas, le développement du Moi est bloqué.

"Le mot symbole vient du grec " jeter ensemble, reunir, intégrer", (..) le processus de la formation du symbole est un processus continu qui consiste à reunir et intégrer l'intérieur avec l'extérieur, le sujet avec l'objet, les anciennes expériences avec les nouvelles"


















Magritte
Par Aurore A.
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  • : Aurore A.
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  • : Femme
  • : 29/05/1978
  • : France sud
  • : psychanalyse interpretation reves freudienne
  • : analysante, cure didactique

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