Interprétation des rêves - IX

Publié le par Aurore A.

Je ne me rappelle que de bribes, mais j’ai trouvé le rêve intéressant pour l’exposer toute de même.

 

« J’habite sur une colline qui surplombe la maison de ma grand-mère maternelle. Quelqu’un doit aller la chercher mais je sais que la personne ment pour s’introduire chez elle, cette personne dit être une petite cousine, mais je sais que c’est un imposteur. Je suis chez moi et pleins de gens sont là. Je dois vite trouver du papier pour écrire les détails d’un meurtre. On m’envoi sur la scène du crime est j’y trouve ma tante décédée. Le corps est sur le dos, et je dois compter le tour du visage pour comprendre la mort. Munie d’une règle je compte en centimètre le tour du visage, en partant du menton. Je fais des petits traits à chaque centimètre, et compte 65cm. Mais je sais que je me suis peut être tromper, à 2-3 centimètres près. Je cours vite chercher du papier pour noter mes observations, mais reviens à chaque fois avec un papier déjà utilisé. Je reproduis ce va et vient avec le papier inutilisable 4 – 5 fois. Agacée, je vais dans une pièce où je retrouve tous mes classeurs d’écoles, il y en a des 10ènes. Je cherche fiévreusement des pages vierges, mais n’en trouve pas, une amie (d’enfance) viens m’aider et me dis «  tu n’as pas des vieilles copies notées ? », je ne lui répond pas, et cherche une bonne note, je ne veux pas qu’elle voit une mauvaise note, je feuillette en cachant le classeur.  Ma grand-mère arrive chez moi avec la soi disant cousine, et je sais que c’est dangereux de sortir de sa maison, pour son cœur, suite à ma demande sur sa forme, elle me dit qu’elle est fatiguée. J’essaie vite de trouver la clé de ma voiture pour la ramener mais ne tombe que sur des trousseaux de clé inconnus, à tous les coins de la maison.

 

Je me retrouve sur une route avec un muret. Je grimpe sur le mur et me plante dans le bras une branche qui pénètre assez profondément dans ma chair, ainsi que des épines de ronces. Je tire le bras mais n’arrive pas à déloger la branche. Un homme qui habite dans une caravane juste à côté vient m’aider mais il appelle les urgences car je dois vite être hospitalisée car la branche donne une grave maladie. Il me dit que je vais devoir être perfusé puis prendre des cachets toute ma vie. Il m’emmène dans une pièce et il y a des 100ènes  d’abeilles de deux sortes. Je me débats car elles m’attaquent et lui dit que je ne pourrais pas rester là.

 

Je me retrouve à Noël avec ma famille réunie, des deux côtés, malgré le divorce de mes parents. Je prépare un spectacle ou je tourne à la manière des patineurs artistique, de plus en plus vite, je commence droite, la jambe tendu et fini accroupi, tournant à une vitesse folle. Ma sœur m’applaudit et me dit que je suis extraordinaire. Je dis à mon ami de me donner les cadeaux que nous avons préparés pour noël, et je les distribue. Je m’aperçois que j’ai oublié ma grand-mère paternelle et mon père. Je prends un cadeau fait à ma mère et le donne a mon père, mais je m’aperçois que ma mère n’en a pas assez, et le reprend alors à mon père. Je vais voir mon ami et lui dis qu’il doit y avoir un autre sac, car ce n’est pas possible que j’aie oublié ainsi de faire des cadeaux à mon père et ma grand-mère »

 

‘Ma maison surplombe celle de ma grand-mère’, en réalité et géographiquement, l’endroit ou je suis sensée habiter dans le rêve est le même endroit ou se situe le cimetière du village, où est enterré ma grand-mère. Je culpabilise de n’avoir jamais fait l’effort de la connaître mieux, et de ne jamais l’avoir aimé comme mon autre grand-mère. Cette période de fête doit me faire ressurgir les vieux souvenirs familiaux.  Ma tante décédée, l’est en vrai, c’est la grande sœur à ma mère. Son décès m’avait bouleversé il y a de cela quelques années, et en me projetant dans la peau de mes cousins, avait projeté le décès de ma propre mère. Ceci me paraissait intolérable psychiquement. J’ai vu cette tante quelques temps avant sa mort, elle était très triste, je m’en suis toujours voulu de ne pas avoir réussi à la réconforter ou trouver simplement les mots justes, je me rappelle ne lui avoir dit que des choses banales et stupides. Elle est partie sans que je ne puisse lui dire qu’elle avait beaucoup compté pour moi, dans mon enfance. Tout ceci doit être ravivé par le départ de ma mère, qui part définitivement vivre au Canada. J’ai peur qu’elle se trompe, elle part rejoindre l’homme qu’elle aime, mais que nous ne connaissons pas encore. Celui doit sûrement être représenté par la femme ‘imposteur’, d’ailleurs, se sont les clés de la voiture de ma mère que je cherche, dans le rêve. Après mon père, elle a souvent fait de mauvais choix en amour, prenant toujours le même type d’homme (à l’image de son père) : jaloux, à tendance violente sans pour autant passer à l’acte, dominant et tourmenté. Je suppose que la personne qu’elle rejoint est identique aux autres, et m’inquiète de ce qui pourrait lui arriver, si elle a moins de chance que les fois précédentes. 

 

Le début est très marqué par la mort, peut être que j’associe son départ à la mort. Bébé, ma grand-mère m’a raconté que dès qu’elle partait, j’étais inconsolable et fixait la porte d’entrée pendant très longtemps. Cette période est celle de l’oralité, anobjectale où je devais vivre ses départs comme un abandon puis une disparition définitive. Jusqu’à mes 10 ans au moins, j’avais du mal à m’en séparer, croyant toujours qu’elle allait disparaître, mourir ou attraper une grave maladie.

 

Le fait que je mesure le tour du visage de ma tante et trouve le chiffre 65 doit avoir une signification qui m’échappe. Je tourne les chiffres : 56 ou 5 et 6...  Peut être arriverais-je à interpréter ceci ultérieurement car je pense que c’est important, vu la résistance.

Le papier que je cherche et la répétition de l’erreur désigne un acte répété : l’erreur que ma mère a toujours reproduit avec les hommes ? Ou bien la mienne, de m’enfuir dès que ma peur d’échouer moi aussi dans mon couple me saisit.

 

Tout les cours d’écoles font référence à mon questionnement actuel. J’ai toujours réussi à mes examens sans vraiment travailler. Ce type de fonctionnement de facilité, qui m’a toujours réussi me parait impensable dans ma formation actuelle. J’ai l’impression que pour pouvoir traiter des patients, il faut que je connaisse tout sur le bout des doigts, je m’inquiète sur le fait que, souvent, j’ai appris beaucoup de leçons, réussi l’examen mais des années après, je ne me rappelle plus des cours, ce qui est normal. Mais je me dis que le thérapeute n’a pas le droit d’oublier, comme le médecin qui ne peut oublier son savoir pour soigner ses malades. Pour la première fois de ma vie, je me questionne sur ma capacité face à un savoir ou une épreuve. Je m’inquiète de ne pas avoir la capacité de voir une maladie grave chez un patient et de gâcher sa vie ou pire encore. Approchant de la fin de mon cursus, je pense que cette remise en question est saine. Mon analyse m’a fait grandir, j’ai la capacité de me remettre en question aujourd’hui, chose qui n’existait pas chez moi avant, la faiblesse m’étant insupportable.

 

La deuxième partie du rêve, représente certainement la pénétration. La branche pénètre ma chair, alors que je monte sur un mur. Monter sur mur me fait penser à une fois où je n’avais pas le droit de monter et marcher sur le mur de la cour, Je l’ai fait quand même et suis tombé dans un buisson de ronces. J’ai beaucoup souffert, j’étais égratigné partout et avait des épines plantées. A la même époque, je m’amusais avec ma sœur et ma cousine, un dimanche après midi,  je pars uriner dans un champ de blé voisin pour ne pas perdre de temps. Je reviens jouer et suis prise de douleur au bas ventre. Je le dis à ma sœur qui devait avoir 9-10 ans, j’étais alors âgée de 4 ou 5 ans, elle m’accompagne avec ma cousine dans la salle de bain et me dis de regarder mes organes génitaux. Le souvenir est flou, j’ai refoulé des parties de la scène. Dans tout les cas, en allant « faire pipi », je me suis enfoncée, en me baissant une brindille de blé dans ma partie intime. Je l’ai montré à ma sœur, qui m’a demandé si cela faisait mal en rigolant avec ma cousine. J’ai dit oui, et ma sœur a dit à ma cousine «  un pénis à le bout rond, cela doit faire moins mal ». Je me rappelle ne pas avoir bien compris, mais j’ai éclaté de rire d’après ma sœur,  alors que dans mes souvenirs, je pleurais ! Ce morceau de rêve doit être la reviviscence de ce souvenir. L’affect été déplacé sur la scène avec les abeilles et la peur de la maladie. Le fait même de la brindille qui se plante n’est chargé d’aucun affect dans le rêve, ni dans la réalité. La suite est angoissante et chargée d’éléments négatifs : abeilles, piqûre, hôpital, maladie grave, perfusion. L’angoisse de la scène a été refoulée, l’inconscient qui est intemporel, à rendu conscient à travers le rêve l’angoisse ressenti, et ma grosse inquiétude face à la sexualité à cette époque. J’étais en plein œdipe. Je me suis même demandée si ce n’est pas moi qui avais fait un test avec la brindille, pour voir si j’avais bien une ouverture. Je me rappelle avoir vu l’histoire du vagin mais confondre son rôle avec celui de l’anus. Pour l’histoire, ayant vu dans l’encyclopédie la reproduction en schéma, je me rappelle avoir été perplexe devant l’image du sexe féminin (vagin, trompe etc.) et celui de l’homme. Surtout à la vue des ovaires et des testicules. J’ai cru que l’homme détenait les fameux œufs qui deviennent des bébés (testicules) et qu’il les transmettait à la mère par je ne sais où. Je retrouvais donc les œufs de l’homme chez la femme sur l’image des organes génitaux féminin, en le dessin des ovaires, (qui à vrai dire ressemble à des œufs sur les planches anatomiques, autant que les testicules). C’est ainsi que le bébé poussait dans la mère. Le fait qu’il y ait deux œufs, expliquait aussi que nous soyons deux enfants, ma sœur et moi.  Ce qui nous donne une image masculine comme détenant tout : le phallus et les enfants …

 

 

Les cadeaux représentent l’amour. L’amour que je prends à l’un pour redonner à l’autre fait certainement référence à l’œdipe. Ma grand-mère que je considère comme ma deuxième mère est là évidemment. Mon spectacle est mon effort pour plaire aux personnes que j’aime, pour avoir leur amour et admiration. Ma sœur qui me dit  ‘tu es exceptionnelle’ est l’accomplissement d’un désir infantile. Elle pourrait me le dire aujourd’hui, mais ne l’aurais jamais dit dans notre enfance, nos rapports étaient un mélange d’amour, d’agressivité et de jalousie. Le manque de cadeaux m’angoisse énormément dans ce rêve. Leur valeur est surdéterminée. Le cadeau est la condition de l’amour dans ce rêve. Vu qu’il y a mes deux parents, il doit faire référence à la période œdipienne. On voit bien la scène classique «  je donne mon amour à ma mère, puis le reprends et le donne à mon père mais si je le donne a mon père m’a mère ne va plus m’aimer ». Cela me fait penser à une notion qui a longtemps été abstraite pour moi. Nous savons que l’enfant baigne dans la pensée magique, il croit que ses actions engendrent des répercussions sur la réalité et les êtres. Je me suis longtemps questionnée sur la notion d’amour : je me demandait comment on pouvait donner son amour à  une personne, son enfant par exemple, et puis le redonner encore à un autre enfant. Je ne comprenais que l’amour puisse se diviser en deux mais rester aussi fort qu’au départ avant d’être divisé pour chacun des enfants. Donc, je me demandais si mes actions d’aimer et ne pas aimer etc. allaient avoir des répercussions sur mes parents. C’est bien sur la fameuse loi du talion. Je me rappelle clairement cette période, ou mes pensées pouvaient avoir un impact. Les mauvaises pensées me faisaient peur car elles pouvaient peut être faire du mal à la personne ou les rendre malades. Cette pensée magique a été accentuée par mon «  don » de guérir les verrues. J’avais aussi 5 ans lorsque j’ai recopié le guérisseur et que ça a marché sur moi, puis mon entourage. Je pensais des mots dans ma tête et la verrue disparaissait. Je me suis alors dit que les pensées avaient vraiment un impact.

 

 

    

 

 

 

 

Publié dans Rêves

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article