mes imagos parentales

Publié le par Aurore A.

Ma cure m’a fait réalisé à quel point les interprétations infantiles peuvent être fausses, la fantasmatisation importante, et comprendre l’impact sur la structure définitive du moi, du surmoi et de l’idéal du moi. En me replongeant dans ma vie infantile, ma structure actuelle trouve ses réponses ainsi que ma vision du monde.


Jung a introduit le concept d’imago maternelle, paternelle et fraternelle. L’imago désigne une « survivance imaginaire de tel ou tel participants de cette situation », il désigne les relations de l’enfant avec autrui, c’est un schème imaginaire acquis, un cliché statique à travers quoi le sujet vise autrui, d’après Laplanche et Pontalis. Il est construit d’images, sentiments et conduites, reflet du réel plus ou moins déformé. Ainsi l’image d’un père terrible peut être le reflet d’un père absent dans l’imago paternel de l’enfant.

Nous pouvons y ajouter l’héritage collectif. De part l’histoire de ma famille, en corrélation avec la société des générations précédentes, je me suis construite un père puissant et dominant. en réalité,  il était avare de démonstrations affectives, ce qui m’a longtemps fait penser que mon père ne m’aimer pas, n’obtenant jamais de preuve et confirmation de son amour. J’ai compris il y a peu de temps son histoire et donc la mienne, en discutant avec ma grand-mère paternelle : mon grand père était froid et dur avec lui, lui préférant sa sœur qui était l’objet de tout son amour. Sa construction affective en a fait un « handicapé » du sentiment, incapable de donner de l’amour, de la tendresse ou des mots. J’ai su aussi que mon grand père avait eu aussi un père tyrannique, qui l’obliger à se cacher dès son retour du travail, par peur d’être battu. Il a dit un jour à ma grand-mère que dès qu’il entendait ses pas dans la maison, il avait peur. Certainement que le père de l’arrière était aussi ainsi. Héritier d’une famille où le père représente le bourreau, mon père par formation réactionnelle,  a produit l’inverse, il était absent, laxiste et présent seulement dans le sport à nos côtés, ceci explique l’importance du sport dans ma vie ainsi que mon ami était en fac de sport. Mon enfance a été marqué par l’interminable quête de l’amour de mon père, en utilisant les mécanismes propres à la famille : excellence, intellectualisation. J’étais première ou seconde de ma classe, étais très forte en sport, en dessin, en bricolage, lisait beaucoup, est voulu tout comprendre, ma curiosité  pour comprendre le monde était sans fin (j’ai gardé ce trait de caractère). Mais je n’obtenais rien en retour, j’ai donc continué à vouloir être la meilleure dans tout, pour plaire à mon cher papa.  De génération en génération, cette relation conflictuelle avec le père c’est reproduite, jusqu’à moi, aujourd’hui.

 

Mon imago maternelle est elle aussi marquée de froideur et de dureté. Ma mère est la 3ème d’une famille de 8 enfants. Mon grand-père était très dur, buvait beaucoup sans être alcoolique mais devenait violent, il se moquait de ses enfants et à les rabaissait souvent. Il disait à ma mère qu’elle n’était pas sa fille car elle était brune, contrairement à la blondeur de ses sœurs. Il le disait en riant, mais j’imagine l’impact sur l’enfant… Ma mère a connu une enfance très dure de par l’éducation « à l’ancienne ». Aujourd’hui, je perçois ma mère comme une femme tendre et douce, ce qui va à l’encontre de la mère que j’ai eu enfant ! Elle était sévère, inflexible sur les tâches et l’éducation mais elle nous a donné de l’amour, à sa façon, j’étais très souvent dans ses bras où comme elle me dit «  toujours dans mes jupes ». C’est une très belle femme et très grande par rapport aux autres mères, elle était très admirée et jalousée. J’avais l’impression d’avoir une mère extraordinaire, un modèle difficile à atteindre.    

 

Cette froideur affective a été compensée par une grand-mère aimante et très affectueuse. Généreuse, gentille et très câline, elle m’a donné beaucoup d’amour et d’apaisement. Sa maison est un nid douillet, ou je vais encore aujourd'hui avec un plaisir intense, j’ai l’impression de prendre un bain réconfortant. Ma grand-mère a été très importante dans mon évolution,  mais elle a été aussi une cause de souffrance, notre séparation était a chaque fois dramatique, je pleurais et me cramponnais à elle. Elle m’avait donné un petit agneau, qui était devenu mon doudou-grand-mère quand elle n'était pas là.

 

L’image que j’ai du bonheur, est une scène infantile. C’était au printemps et j’allais à pied à la rencontre de ma grand-mère qui venait passer le week end chez nous. Il faisait beau, nous étions à la campagne, mon père avait tondu la pelouse et je sentais l’odeur de l’herbe coupée, je me rappelle avoir le cœur gonflé de bonheur et prêt à éclater, j'étais petite, je devais avoir 5-6 ans. Depuis, le printemps, les odeurs de fleurs, d’herbes et les vols de papillons me font faire une large inspiration, comme si je voulais « humer » le bonheur ressenti à cette époque. Je me sens comme enivrée, envahit d'un bien être fou durant  instant. Tous ces stimuli visuels, olfactifs et sonores me font rouvrir un tiroir de ma mémoire, ou cette scène est stockée pour toujours.

 

Un autre souvenir où je me suis sentie dans un cocon d’amour et de sécurité est encore avec ma grand-mère. J’étais malade, et comme d’habitude, c’est ma grand-mère qui prenait soin de moi. J’étais la reine, malgré la fièvre et la maladie, je jouissais d’un bonheur incommensurable. J’étais dans le salon, emmitouflé sous des couvertures chaudes, a manger des biscuits, des bonbons à ma guise (ce qui n’était pas le cas à la maison, nous avions droit à un bonbon par jour), la télévision avec les dessins animés, pas d’école et ma grand-mère qui me câlinait. Je me sentais heureuse, protégée et aimée. Aujourd’hui, sans aimer être malade, cette sensation ressurgit quand je le suis, un instant. Je demande à mon ami d’aller m’acheter des bonbons et me vautre dans mon canapé, sous des couvertures … À cet instant, je retrouve le bonheur de ne plus lutter, je suis faible et m’autorise à l’être (contrairement au reste de ma vie, dans ce cas là, j'ai une bonne raison), je ne subis plus le conflit de mon moi et de mon surmoi, et me laisse aller à une douce torpeur.

 

Publié dans le divan

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F
Que les rêves soient envoyés par Dieu signifie qu’il est possible de les<br /> considérer non plus comme Freud le suggérait, c’est-à-dire comme un désir<br /> inconscient qui trouve là sa réalisation (définition qui, à mon sens, conviendrait<br /> beaucoup mieux au fantasme), mais comme un facteur autonome, en<br /> grande partie indépendant du rêveur, qui peut s’opposer même à son attitude<br /> et à ses pensées conscientes.<br /> On voit, par cette conception du rêve qui introduit à une dynamique de<br /> la compensation et de la contradiction, combien, pour Jung, le moi a à se<br /> confronter avec un inconscient qui le dépasse et qui pourrait l’instruire.<br /> Inconscient qui ne saurait donc se réduire aux éléments refoulés par le moi,<br /> et qui, par son objectivité même, renvoie plutôt à l’image d’un dieu ou d’un<br /> démon
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A
<br /> <br /> merci pour ton commentaire, je rebondis sur ton autre commentaire sur le dragon ou tu me parles de la grande mere symbolisée par le dragon : ton interpretation de juin 2009 etait troublante, par<br /> sa justesse :<br /> <br /> <br /> le dragon representait ma Grand(e) mere.<br /> <br /> <br /> <br />