Le bonheur illusoire

Publié le par Aurore A.

Mes recherches sur l’amour me laisse un goût amer. Entre la recherche du paradis perdu et les substances chimiques affolées de la passion, que reste t il à l’amour fou qui dure toute une vie, que l’on nous ressasse dans la littérature, le cinéma ou les histoires populaires ? Rien.  Rien, du moins de l’amour tel que je l’entendais. Enfant de divorcés, je me suis promis, enfant,  de trouver celui avec qui je passerais toute ma vie dans la joie et l’allégresse, je n’infligerais pas le divorce à mes enfants, et serait dingue de mon mari toute ma vie.

 

La donne est faussée : depuis notre enfance on nous barbe d’histoires d’amours magiques où la passion anime le couple jusqu’à leur mort : complètement fou l’un de l’autre, ils ne se séparent jamais, vivent en parfaite harmonie et pour couronner le tout ont une vie sexuelle comme au premier jour.  Et cela commence dès l’enfance … et je dirais même avant grâce à cette chère mémoire collective. Ça commence par les contes, puis la télévision et les séries où les héroïnes passent leur temps à être amoureuse, presque prête à mourir par amour, où bien les films d’amour qui nous montrent des histoires de passion dévorantes. Voilà comment la société crée cette recherche du bonheur, de la passion – à vie.

 

Nos ancêtres et prédécesseurs n’avaient pas de questions à se poser : on se mariait pour la vie, de plus la femme n’avait pas son mots à dire. La question du bonheur se posait moins, le but était de fonder une famille. Je lis une définition dans wikipédia sur le mariage « Le mariage est l'union solennelle d'un homme et d'une femme. Le mariage a pour fonction de fonder une famille et lier des familles existantes. » Je pensais que c’était plutôt « Le mariage est l'union solennelle d'un homme et d'une femme. Le mariage a pour fonction de réunir de manière officielle deux personnes follement amoureuses qui auront des enfants, fruit de leur amour. »

Mais bon, je lutte encore contre la réalité avec l’espoir que la passion existe toujours. Hum …  

 

J’écoute Rmc et Brigitte Lahaie  hier après midi dans ma voiture, l’émission est sur le désir. Elle explique à une auditrice que passion rime avec désir mais rarement amour (toujours) avec désir. Elle a raison, je crois que j’ai trop longtemps confondu amour et passion, quittant mon amoureux dès que le désir s’estompait et que ma dopamine retrouvée son taux normal. Je ne voulais pas faire d’effort, me disant que certainement, ce n’était pas le bon, et qu’il était hors de question de rester dans le lit de quelqu’un qui n’éveille pas en moi du désir, d’autant plus, une vie entière. Je me disait que le véritable amour ne devait pas demander d’effort dans le sexe … j’ai cru cela car on me l’a fait croire.

 

Notre génération, avec la liberté acquise de changer de partenaire, de divorcer ne se pose pas la question plus loin que là : je n’ai plus de désir, je te quitte : quant on sait que la passion et son désir dévorant ne dure pas plus de 3 ans, cela voudrait dire que l’humain devrait, pour vivre intensément sa vie amoureuse, changer de partenaire 2  voire 3 fois par décennie. Pas très stable pour une vie familiale.

 

Mais est ce que l’homme est fait pour vivre à deux ? Notre culture chrétienne nous dit oui et avec fidélité s’il vous plaît. Quoique les mormons et leur mariage plural autorisent l’homme à avoir plusieurs épouses.

De nombreux pays musulmans sont polygames (hommes mariés à plusieurs femmes), la  polyandrie (femmes avec plusieurs hommes) a été pratiqué aux îles canaries, au Nigeria ou au Paraguay. La règle n’est pas la même dans le monde entier.

 

Le couple est une aventure merveilleuse : enfants, partage, affection, compassion, construction, complicité etc. Quelqu’un est toujours là, auprès de vous dans l’épreuve, la joie et la peine, les côtés positifs sont indéniables. On aime l’autre d’un amour authentique, certainement LE véritable amour, celui qui s’installe une fois la passion apaisée, celui lui dont nous parle les vieux couples de plus de 20 ans d’âge...

 

Mais je me dis : Cela veut dire que l’on doit dire adieu à la passion, à la dopamine et aux nuits torrides si on fait le choix du mariage longue durée et fidèle ?  Que l'on doit mettre ses yeux dans sa poche pour ne pas être tenté ? Que l'on doit construire une sexualité avec concessions, efforts et parfois avec artifices ou fantasmatisation ? je crois que Oui si l'on veut entrer dans la norme. et cela me parait bien triste pour notre petit cœur et notre libido. Je dois maintenant passer à l’étape supérieure, celle des adultes où je dois faire mon deuil de la passion. Je découvrirais peut être le monde merveilleux du véritable couple de plus de 5 ans qui construit, se marie, a des enfants, je ne le connait pas.

 

Dans le deuil, après le Choc, le déni vient la colère, puis le Marchandage, la dépression et enfin l'acceptation.

Publié dans l'Amour

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